Lecture: Prix du carburant aux Comores : suspension après une semaine de colère

Prix du carburant aux Comores : suspension après une semaine de colère

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Le gouvernement comorien a suspendu le 16 mai la hausse des prix des produits pétroliers, au lendemain d’une semaine de grèves, de violences et de répression qui a paralysé le pays. La décision a été annoncée alors que le ministère de l’Intérieur faisait état d’un deuxième manifestant mort par balle et que les tensions restaient vives à Anjouan.

Le ministre de l’Intérieur, , a affirmé qu’une enquête déterminerait les circonstances de ce décès. Il a aussi annoncé, au nom du chef de l’Etat , la suspension temporaire de la hausse des prix des produits pétroliers, en disant que le président avait entendu la colère des manifestants et voulait préserver la paix.

La crise est née après la publication, le 9 mai, de nouveaux tarifs du carburant. Les autorités avaient alors affiché une hausse de 46 % pour le diesel et de 33 % pour l’essence, une décision liée à la guerre au Moyen-Orient. La principale union des transports routiers a lancé la grève, rapidement rejointe par des syndicats du commerce et de la pêche, jusqu’à mettre l’archipel à l’arrêt pendant près d’une semaine.

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Le mouvement a laissé des traces concrètes. Vendredi, la faisait état de 39 personnes détenues. Samedi, au moins cinq manifestants ont été blessés à Anjouan, selon le parquet de Mutsamudu, qui a aussi confirmé la mort d’un jeune footballeur amateur lors d’une intervention des forces de sécurité. Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs blessés ont fui clandestinement vers Mayotte dans un kwassa, tandis que deux bateaux étaient interceptés en mer par la police des frontières.

L’un des bateaux interceptés se trouvait au large de Mtsahara avec huit passagers à bord, parmi eux trois hommes et un enfant blessé. À Mutsamudu, un habitant parlait d’« une relative accalmie après une nuit très agitée », signe d’un apaisement encore fragile. Le gouvernement avait déjà accordé une réduction de 40 % des droits de douane sur les biens de première nécessité, mais les discussions menées sous l’autorité de n’avaient produit aucun résultat avant l’annonce de la suspension.

La décision du 16 mai met fin, pour l’instant, au bras de fer sur le prix du carburant, mais elle ne règle ni la colère sociale ni les blessures laissées par les affrontements. Tant que l’enquête sur les morts et les violences n’aura pas livré ses conclusions, le calme restera précaire.

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