Le Canadien de Montréal peut en finir avec les Sabres de Buffalo samedi soir au Centre Bell et accéder à la finale de l’Est. Pour le Tricolore, c’est une nouvelle chance de boucler une série à domicile après avoir déjà laissé filer une occasion semblable contre le Lightning de Tampa Bay.
Lors du match numéro six de cette série précédente, à Montréal, Andreï Vasilevskiy avait tout arrêté et forcé la tenue d’un match ultime deux jours plus tard. Martin St-Louis veut éviter de revoir le même scénario. « C’est une deuxième opportunité de faire ça à la maison », a-t-il dit, ajoutant qu’il fallait « d’emmener ton meilleur pied de l’avant sachant qu’il n’y a rien de garanti ».
Le contexte rend la leçon encore plus nette. Contre Buffalo, un seul match de la série s’est décidé par l’écart d’un but. Le CH a gagné ses trois autres rencontres par trois ou quatre buts, ce qui dit tout de l’écart entre les deux clubs depuis le début des séries éliminatoires. Le match numéro cinq a encore montré à quel point Montréal peut frapper vite quand ses unités spéciales fonctionnent: le CH a été parfait avec deux buts en deux occasions.
Cette production repose d’abord sur les grands noms en attaque. Nick Suzuki compte maintenant quatre buts et huit mentions d’aide au sommet des pointeurs du Tricolore, et deux de ses trois buts contre les Sabres ont été marqués en avantage numérique. Cole Caufield a trouvé le fond du filet dans les trois derniers matchs, et le jeune attaquant ne renie pas sa réputation de menace le samedi. « Ce n’est pas un mauvais surnom », a-t-il dit au sujet de ses succès ce jour-là. Caufield a aussi reconnu que des proches sont souvent au rendez-vous. « Parfois il y a des amis ou des membres de ma famille qui sont présents durant les fins de semaine. Je n’ai aucune idée vraiment comment l’expliquer [ses succès le samedi]. Il faudrait probablement que je m’améliore les autres jours de la semaine », a-t-il lancé.
Le dernier match a aussi mis en lumière Ivan Demidov, auteur de son premier filet en carrière en séries, et Juraj Slafkovsky, qui a obtenu au moins un point dans un troisième match consécutif. Le Slovaque a connu une première soirée de trois points depuis son tour du chapeau dans le match initial à Tampa Bay. Ce genre de profondeur donne au Canadien une attaque qui ne dépend plus d’un seul trio pour avancer dans la série.
Dans le filet, Jakub Dobes a offert une réponse importante après un premier match difficile à Buffalo. Il a rebondi pour ne rien laisser et permettre au CH de l’emporter, une reprise qui a renforcé l’idée que Montréal dicte désormais le rythme plus souvent qu’il ne le subit. St-Louis a résumé cet état d’esprit en parlant du chaos d’une série serrée: « Notre sixième match contre Tampa Bay à la maison, nous avions joué un excellent match, mais nous n’avons pas gagné. C’est donc de contrôler tout ce que tu peux à travers ce chaos. »
Reste le facteur qui ne se mesure pas dans la feuille de pointage. Jake Evans a encore insisté sur le rôle du Centre Bell et sur la manière dont la foule peut peser dans les moments où l’autre équipe reprend le momentum. « Les partisans sont extraordinaires », a-t-il dit. « Ils nous ont aidé. Lorsqu’à certains moments quand l’autre équipe reprend le momentum, la foule réagit fortement sur chaque petit jeu. Ils sont vraiment les meilleurs parce qu’ils comprennent le hockey, sont passionnés et sont extrêmement bruyants. »
Buffalo, de son côté, a déjà montré qu’il pouvait survivre à de mauvais segments. Après le quatrième match, l’entraîneur des Sabres a soutenu que son équipe avait disputé son meilleur huit minutes de la série. C’est ce qui rend le moment actuel si fragile pour Montréal: une série qui semble pencher d’un côté peut encore se durcir si le Canadien tarde à fermer la porte. Samedi, l’enjeu est simple. Le CH a une chance de finir le travail à la maison, et cette fois, il sait exactement ce qu’un faux pas peut coûter.

