L’Iran rouvrira mardi 19 mai sa Bourse, suspendue depuis le début du conflit, a annoncé samedi Hamid Yari, au moment où la guerre au Moyen-Orient continue de faire monter la pression sur les marchés et sur les lignes de front. L’annonce intervient alors que la télévision d’État iranienne affirme aussi que des pays européens discutent avec les gardiens de la révolution pour obtenir des autorisations de passage dans le détroit d’Ormuz.
Yari a dit que la fermeture visait à protéger les actifs des actionnaires, à empêcher les transactions motivées par la panique et à permettre des conditions de tarification plus transparentes. Il a ajouté qu’avec la réouverture, « nous assisterons à la reprise complète de tous les secteurs du marché des capitaux ». La date choisie, mardi 19 mai, marque donc un retour à la normale financière au milieu d’un climat encore dominé par l’incertitude militaire et diplomatique.
Le conflit donne à cette reprise une portée plus large qu’une simple décision technique. Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique cité dans les échanges évoqués samedi, reste l’un des endroits les plus sensibles pour le commerce maritime mondial. Dans le même temps, la guerre avec le Hezbollah pro-iranien continue d’alimenter les annonces militaires de part et d’autre, sans laisser de répit à la région ni aux investisseurs iraniens.
Sur le terrain, l’armée israélienne a annoncé samedi qu’un soldat avait été tué dans le sud du Liban. Le capitaine Maoz Israël Recanati, 24 ans, est tombé au combat, portant à 21 le nombre de morts dans les rangs israéliens depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien début mars. L’armée a précisé que ce total comprend 20 soldats et 1 contractuel civil.
Les tensions ne se limitent pas au front. Les autorités américaines soupçonnent des pirates informatiques iraniens d’être à l’origine d’intrusions dans les systèmes de surveillance des niveaux de carburant de stations-service américaines. Vendredi, a indiqué que ces pirates avaient exploité des systèmes de jaugeage automatique des réservoirs accessibles sur Internet, sans protection par mot de passe, un détail qui illustre à quel point des infrastructures ordinaires peuvent devenir des cibles.
La réouverture de la Bourse sera donc suivie de près, non seulement pour voir comment réagissent les marchés iraniens après des semaines d’arrêt, mais aussi parce qu’elle dira si les autorités parviennent à faire fonctionner le pays comme si de rien n’était alors que la guerre continue de se rapprocher de l’économie, des ports et des écrans de surveillance.
