CANNES — Woody Harrelson a appelé samedi les Américains à « manifester comme les Français », au moment où il présentait à Cannes « Full Phil », le film de Quentin Dupieux dans lequel il joue un père en quête de réconciliation avec sa fille.
L’acteur américain de 64 ans a lancé ces propos dans une déclaration à l’AFP, puis les a repris devant des journalistes lors d’une table ronde. « Je pense toujours aux Français en train de manifester et j’adore ça », a-t-il dit, ajoutant: « Nous, nous laissons notre gouvernement faire ce qu’il veut alors que les Français disent: +il n’y a pas moyen!+ » Il a décrit cette attitude comme « rafraîchissante » et a estimé qu’il faudrait être « beaucoup plus comme cela et manifester comme eux ».
Ses commentaires arrivent alors que « Full Phil » était projeté samedi à Cannes, offrant à Harrelson une tribune idéale pour mêler promotion du film et prise de position politique. Dans ce long métrage, Kristen Stewart incarne sa fille, et l’histoire se déroule dans un Paris assiégé par des manifestants, un décor qui résonne directement avec les propos de l’acteur sur la protestation à la française. Harrelson a dit travailler pour la première fois avec Dupieux.
Il a aussi relié son message à l’impact environnemental de la politique américaine. Selon lui, certaines conséquences peuvent encore être corrigées, mais les forêts primaires, elles, ne se recréent pas. « Parmi tout ce qui se passe et qui n’est pas bon, je pense que c’est quelque chose de très difficile à réparer », a-t-il dit. « On peut corriger les inégalités, on peut espérer arranger ces choses-là, mais on ne peut pas recréer des forêts primaires. »
Harrelson a reconnu vivre à distance de ces réalités. « Moi je sais bien que je vis dans une bulle, mais au moins je suis conscient qu'on est dans une sacrée mauvaise passe », a-t-il dit. Mais c’est précisément cette lucidité, chez une figure hollywoodienne en vitrine à Cannes, qui donne du poids à sa sortie: il ne s’est pas contenté de commenter l’air du temps, il a relié la contestation sociale à une critique plus large du laisser-faire politique et du coût écologique de certains choix publics.
À Cannes, Harrelson a donc fait plus que défendre un film. Il a posé une idée simple et tranchée: face à un gouvernement jugé trop libre d’agir, protester n’est pas un bruit de fond, mais une réponse civique qu’il estime nécessaire, et qu’il dit vouloir voir davantage chez lui.

