Abbas Araghchi a déclaré vendredi à New Delhi que l’Iran appréciait l’aide de tout pays capable d’intervenir, en particulier la Chine, alors que Donald Trump affirmait le même jour que Xi Jinping était « fermement convaincu » que Téhéran ne devait pas posséder l’arme nucléaire et qu’il souhaitait la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le ministre iranien des affaires étrangères a aussi dit qu’il avait « reçu des messages » de Washington indiquant que les États-Unis étaient prêts à poursuivre les négociations. Dans le même souffle, il a soutenu que « tous les navires peuvent traverser le détroit d’Ormuz, sauf ceux qui sont en guerre contre nous », une formule qui résume la ligne de Téhéran au moment où la tension maritime reste au plus haut.
Cette séquence intervient alors que le détroit d’Ormuz demeure un passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Depuis la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran à la fin de février, la voie maritime est pratiquement fermée au trafic, selon les éléments fournis. Téhéran a répondu par des attaques à travers le Moyen-Orient et par le blocage du détroit, un enchaînement qui a secoué les marchés mondiaux de l’énergie.
Le bras de fer se lit aussi dans les mouvements concrets des entreprises et des États. Les Émirats arabes unis vont accélérer la construction d’un nouveau pipeline pétrolier, dont l’achèvement est prévu en 2027, une décision qui traduit la volonté de contourner le goulet d’étranglement maritime tant que le conflit persiste. Le calendrier du chantier donne une idée de l’ampleur de l’incertitude: les acteurs régionaux n’attendent pas un retour rapide à la normale.
La pression du dossier est encore renforcée par l’incident du HMM Namu. Le cargo, battant pavillon panaméen et exploité par l’armateur sud-coréen HMM Co., a été frappé par deux engins non identifiés le 4 mai dans le détroit d’Ormuz. Vendredi, des débris du navire endommagé sont arrivés en Corée du Sud pour analyse, a indiqué le gouvernement sud-coréen. Ce transfert de pièces doit aider à comprendre ce qui a touché le bâtiment, sans lever pour l’instant l’incertitude sur l’origine de l’attaque.
Le point de friction est là: les signaux diplomatiques circulent, mais la sécurité maritime ne suit pas encore. Araghchi parle d’ouverture à la discussion et de pays capables d’aider, tandis que Trump relaie la position de Xi sur l’arme nucléaire et sur le détroit. Entre ces deux récits, les navires continuent de naviguer sous menace, et les pétroliers, les armateurs et les acheteurs d’énergie ajustent déjà leurs routes et leurs plans. Si les pourparlers reprennent vraiment, ils devront le faire sur fond d’un couloir maritime déjà abîmé, où chaque traversée reste exposée au moindre nouvel incident.

