Jonathan Anderson a présenté mardi soir à Los Angeles sa première collection croisière pour Dior, un défilé Dior cruise 2027 installé sous la voûte du Los Angeles County Museum of Art et suivi par 900 invités. Deva Cassel figurait parmi les visages associés à l’événement, aux côtés d’Al Pacino, Miley Cyrus, Anya Taylor-Joy, Tracee Ellis Ross, Gia Coppola et Sabrina Carpenter, cette dernière étant apparue à la dernière minute avant que les lumières ne s’éteignent.
Le spectacle devait autant à Hollywood qu’à la couture. Le créateur a ouvert son propos par un rappel de l’ancien lien entre Dior et le cinéma, en citant le fait que Christian Dior avait dessiné des costumes pour Le Lit à Colonnes en 1942, avant même de fonder sa maison, puis qu’il avait été nommé aux Oscars en 1955 pour Station Terminus (Terminal Station). Anderson a aussi rappelé que deux films auxquels Dior avait collaboré étaient sortis en 1950, Les Enfants terribles et Le Grand Alibi, cette dernière œuvre servant de l’une des principales sources d’inspiration de la collection.
La bande-son a mêlé cette mémoire à une énergie plus sombre avec Murder, morceau issu de la musique du film The Hot Spot de Dennis Hopper, sorti en 1990. Sur le podium, Anderson a assemblé des motifs floraux, des accessoires inspirés des Cadillac anciennes et des sacs imprimés de pages de journaux des années 2000. Un t-shirt portait la formule No Dior, no Dietrich, clin d’œil à la demande attribuée à Marlene Dietrich de ne porter que Dior dans Le Grand Alibi, tandis que Philip Treacy a signé des créations poétiques en hommage au chapeau Blow qu’il avait imaginé pour Isabella Blow en 2001.
Le défilé a confirmé la manière dont Dior continue d’utiliser le cinéma américain comme miroir de sa propre histoire, en convoquant à la fois Grace Kelly, Sophia Loren et Marilyn Monroe dans un récit visuel qui faisait dialoguer archives et culture pop. La collection, pensée pour 2027, montrait aussi qu’Anderson ne cherchait pas à rompre avec cet héritage mais à le remettre en circulation, avec un langage assez clair pour que la soirée tienne sa promesse: le show must go on.
Le point le plus frappant n’était pas seulement le casting ou la mise en scène, mais la façon dont la maison a transformé une référence historique en argument de collection. Dans ce décor californien, Dior a rappelé qu’il n’a jamais traité le cinéma comme un simple décor, mais comme un terrain où ses silhouettes ont déjà trouvé leur place, et où elles entendent encore s’imposer.

