À Tristan da Cunha, un habitant a été classé cas probable d’hantavirus après l’escale du navire de croisière MV Hondius en avril. L’archipel britannique isolé de l’Atlantique Sud, qui ne compte que 220 habitants, fait face à une situation inhabituelle depuis que cet homme, un Tristanais sexagénaire, a signalé des symptômes le 28 avril et a été jugé stable à l’hôpital.
L’Organisation mondiale de la santé a confirmé cette classification le 2 mai, en attendant les résultats des tests. Odile Cesari, l’unique résidente française vivant sur place, a dit que la réaction locale restait marquée par la prudence. Elle a décrit un cas lié à « Un Tristanais qui est rentré au pays via le bateau de croisière, un sexagénaire », et a ajouté: « Sa femme et ses proches sont à l’isolement ». Elle a aussi assuré que les contacts connus avec des personnes du navire ne donnaient pas lieu à un tableau inquiétant: « Non, non pas vraiment. Je sais que les gens du bateau avec qui j’ai eu des contacts vont bien. Ils sont en quarantaine, ils ne sont pas symptomatiques ».
Le Hondius avait fait escale à Tristan da Cunha en avril et était arrivé un peu en avance parce que quelqu’un à bord avait besoin de soins. L’homme malade à bord est mort le 11 avril. Cette suite d’événements, rare sur une île qui n’a pas d’aéroport et ne dispose que d’un hôpital avec deux médecins, a placé la communauté sous surveillance alors que les autorités sanitaires tentent de comprendre comment le virus a pu circuler entre le navire et l’île.
La chronologie a pris une autre tournure quand un Néerlandais de 70 ans est mort à bord du navire, puis quand sa veuve, une Néerlandaise de 69 ans, est morte le 26 avril. La contamination à l’hantavirus de cette femme a été confirmée le 4 mai. Selon les éléments disponibles, elle n’était pas symptomatique lors de son séjour à Tristan, ce qui complique encore le récit sanitaire autour de cette escale et de ses conséquences.
Sur place, la vie n’a pas été paralysée. Odile Cesari a dit avoir reçu des consignes de sérénité, tout en rappelant les limites de la transmission évoquée par les médecins: « On nous a dit: ne vous inquiétez pas, c’est un virus qu’on transmet quand on est symptomatique voire dans les 48 heures avant les premiers symptômes ». Elle a résumé l’état d’esprit de l’île par une formule simple: « La vie continue globalement comme avant. On essaye d’éviter l’hôpital si ce n’est pas nécessaire ».
Le 10 mai, huit militaires britanniques, dont deux soignants, ont été parachutés sur l’île pour renforcer l’appui local. Dans cette communauté minuscule, où les liens familiaux et les déplacements sont étroits, l’épisode dépasse le seul cas médical: il teste la capacité de Tristan da Cunha à gérer une alerte sanitaire sans aéroport, avec des moyens limités et une évacuation difficile, tout en attendant encore les résultats qui diront si le cas probable sera confirmé.

