Le Canadian Broadcasting Corporation a été mêlé à la création de vidéos de canular visant certains des plus bruyants dissidents politiques du pays, dont Lindsay Shepherd, Frances Widdowson, Aaron Gunn et Dallas Brodie. Shepherd dit avoir compris seulement la semaine dernière que l’interview amicale qu’elle avait donnée en février faisait partie d’une mise en scène bien plus vaste.
Shepherd a expliqué qu’une équipe de production opérant sous un faux nom et avec de fausses identités l’avait approchée au sujet de son livre pour enfants A Day with Sir John A et de Sir John A. Macdonald. Elle dit avoir été mise en relation avec une fausse société appelée Heritage Figures Canada, dotée d’un faux site internet, puis avoir été « engagée » pour un travail de consultation. Selon elle, se sont ensuivis de faux rendez-vous, de faux documents, un faux tournage publicitaire et même un faux prototype d’objet de collection à l’effigie de Sir John A.
Le projet visait Shepherd parce qu’elle avait publié un livre pour enfants sur John A. Macdonald, a-t-elle dit. Les autres personnes ciblées, ou visées dans la tentative, comptent parmi les critiques les plus virulents des affirmations non vérifiées selon lesquelles 215 corps d’enfants auraient été retrouvés dans une fosse commune à l’ancien pensionnat autochtone de Kamloops. Aaron Gunn a annoncé avoir été une cible visée, et Dallas Brodie a dit avoir fait l’objet d’une tentative similaire.
La séquence, telle que décrite par Shepherd, a pris fin lors d’une seconde interview filmée la semaine dernière. C’est là, dit-elle, que l’installation a été révélée et que l’objectif est devenu clair à ses yeux: discréditer Sir John A. et la salir. Dans une publication, elle a affirmé qu’il s’agissait d’un projet financé par les contribuables pour le CBC et l’Aboriginal Peoples Television Network.
Le diffuseur a ensuite confirmé par l’entremise de sa directrice des relations publiques, Katherine Wolfgang, que ce projet était « en début de production » pour le CBC entertainment et l’Aboriginal Peoples Television Network. Cette précision laisse ouverte une question plus large sur les méthodes employées pour attirer des voix déjà au centre d’un débat national tendu, mais elle ne change pas le fait central: le projet a utilisé la tromperie pour approcher des critiques qui s’étaient déjà retrouvés dans le viseur des polémiques entourant Kamloops.
