L’Azerbaïdjan se considère comme faisant partie du Sud global, a déclaré Hikmet Hajiyev mardi à Bakou, lors de la première assemblée générale de la plateforme des ONG du Sud global. Le conseiller présidentiel a présenté ce positionnement comme une lecture géographique, historique, culturelle et liée au destin du pays.
Hajiyev a aussi inscrit cette prise de parole dans une ligne diplomatique plus large. Selon lui, l’Azerbaïdjan a fait de la lutte contre le néocolonialisme l’une de ses priorités pendant sa présidence du Mouvement des non-alignés, de 2019 à 2022, et a apporté une contribution importante à la coopération entre pays du Sud global, y compris à travers COP29. Il a ajouté que Bakou entretient des liens bilatéraux et multilatéraux étendus avec ces pays.
Le cœur de son message a porté sur la place du Sud global dans la gouvernance internationale. Hajiyev a dit que les pays de cette partie du monde ont souffert tout au long de l’histoire, qu’ils n’ont pas été assis à la table lorsque les nouveaux ordres mondiaux se sont formés et que, après 1945, leur voix n’a pas été entendue. Il a souligné que beaucoup d’entre eux ont gagné leur indépendance après la Seconde Guerre mondiale, surtout dans les années 1960, mais que de nouvelles formes de domination continuent d’apparaître dans certaines régions.
Le responsable a également ciblé le système multilatéral actuel. Il a estimé que la structure des institutions internationales, en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU, ne reflète pas les réalités du monde moderne et n’assure pas une représentation géographique équitable. La voix du Sud global, a-t-il dit, n’y est pas suffisamment entendue, alors même que 80 % de la population mondiale vit dans des pays du Sud global.
Cette critique rejoint une ligne déjà portée par Bakou ces dernières années, avec un discours qui associe Azerbaïdjan, décolonisation et réforme de l’ordre international. Hajiyev a dit regretter que le Comité spécial des Nations unies sur la décolonisation ne puisse toujours pas remplir pleinement son mandat, certains pays continuant de résister au processus de décolonisation, et il a décrit le moment actuel comme une période d’incertitudes, de nouveaux risques et de bouleversements mondiaux.
Le contraste, toutefois, reste net entre l’ambition affichée et la réalité institutionnelle. Si l’Azerbaïdjan se présente comme une voix du Sud global, Hajiyev a lui-même reconnu que cette voix demeure trop faible dans les enceintes où se décide l’équilibre mondial. La suite dépendra de la capacité de Bakou à transformer ce discours en influence durable, au-delà des tribunes et des déclarations de principe.

