La Banque de France prévoit pour le deuxième trimestre une activité « ralentie » mais « résiliente », alors que les premiers effets de la flambée des prix de l'énergie commencent à se faire sentir. Mardi, l'institution a dit voir une économie française qui tient encore, mais sous pression, après une croissance nulle au premier trimestre.
Xavier Debrun a résumé l'état du moment sans détour: « La résilience de l'économie française commence à être mise à l'épreuve ». Il a ajouté que l'on constate « les premiers effets du choc » lié à la guerre au Moyen-Orient, avec des conséquences attendues « à la fois une hausse des prix et un ralentissement de l'activité économique par rapport à son rythme normal ». La Banque de France n'a pas encore chiffré l'ampleur du ralentissement attendu au deuxième trimestre.
Le signal envoyé par l'enquête mensuelle de conjoncture n'est pourtant pas uniforme. Réalisée du 28 avril au 6 mai auprès de 8.500 chefs d'entreprise, elle montre une production industrielle restée soutenue en avril et supérieure à sa moyenne de long terme pour le onzième mois consécutif. Dans les secteurs liés à la défense, notamment les équipements électriques et l'aéronautique, l'activité a été dynamique. Elle a aussi été bien orientée dans les produits informatiques, électroniques et optiques, ainsi que dans la chimie.
Dans le bâtiment, avril a été jugé « raisonnablement positif » par Xavier Debrun, tandis que les services marchands sont restés stables. Cette résistance cache toutefois des signes de fatigue plus nets dans certaines branches. En avril, 13% des entreprises industrielles ont fait état de difficultés d'approvisionnement, contre 10% en mars. Plusieurs secteurs ont également signalé des tensions sur certaines matières premières dérivées du pétrole, ainsi qu'un allongement de leurs délais de livraison.
La Banque de France relie ces tensions aux premiers effets du choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient, un contexte qui brouille encore la lecture du trimestre en cours. Tant que ces effets restent partiels, l'institution ne peut qu'évaluer l'orientation générale de l'activité, pas mesurer précisément sa profondeur.
Pour mai, les chefs d'entreprise anticipaient déjà un recul de l'activité dans les services et une évolution faible dans l'industrie et le bâtiment. Debrun a prévenu qu'« il faudra attendre les résultats de l'enquête de mai pour avoir une vue beaucoup plus précise de ce qui se passe au deuxième trimestre ». C'est là que se jouera le vrai test: savoir si le ralentissement observé reste un simple trou d'air ou le début d'un frein plus durable pour l'économie française.
