Didier Deschamps annoncera ce soir à 20 h sur TF1 une liste de 26 joueurs pour le premier match de la France en Coupe du monde, le 16 juin à New York contre le Sénégal. Et, parmi les noms scrutés de près, celui d’Eduardo Camavinga reste l’un des plus sensibles.
Jusqu’ici, le milieu de terrain du Real Madrid avait toujours figuré dans les listes de Deschamps. Mais lors du dernier rassemblement, Camavinga n’a été qu’un remplaçant dans les deux rencontres et n’a joué qu’une demi-heure environ. À quelques jours d’une annonce qui fixe la première photographie des Bleus pour leur entrée dans le tournoi, ce détail pèse plus lourd qu’il n’y paraît.
Camavinga peut rendre service à plusieurs postes. Il peut évoluer à gauche de la défense, en sentinelle au milieu ou plus haut dans l’entrejeu, un atout dans une liste où N’Golo Kanté, Adrien Rabiot, Manu Koné, Aurélien Tchouaméni et Warren Zaïre-Emery sont présentés comme des choix fixes. Zaïre-Emery a d’ailleurs aussi joué latéral droit cette année avec Paris ou au milieu, ce qui élargit encore la concurrence sur les rôles que Camavinga peut occuper.
Le problème, pour lui, vient surtout de sa saison au Real Madrid. Arrivé au club en 2021, il a vécu un exercice irrégulier, a été expulsé à Munich et n’a pas réussi à s’installer dans le onze de départ sous Xabi ou Arbeloa. Dans ce contexte, son nom a même circulé dans certaines listes de transfert, signe que sa situation est moins confortable qu’avant.
Cette fragilité ne dit pas tout. Dans l’esprit de Deschamps, Camavinga a toujours été là jusqu’à présent, justement parce qu’il offre des solutions dans un groupe où chaque place compte. Mais son dernier passage chez les Bleus a déjà montré qu’il se trouvait sur la ligne de crête, plus exposé qu’avant à une décision défavorable au moment où le sélectionneur doit resserrer son groupe.
Le point décisif est ailleurs: Camavinga veut rester au Real Madrid. Il ne joue donc pas seulement sa place chez les Bleus ce soir. Il joue aussi la lecture que Deschamps fera de son été, entre polyvalence utile et saison trop brouillonne pour rassurer totalement. La liste de 26 dira si le sélectionneur continue de miser sur lui, ou si ce printemps difficile commence à peser jusque dans les choix les plus stables de l’équipe de France.

