Martín Landaluce a renversé Hamad Medjedovic 7-5, 6-4 en 1 heure 47 minutes sur le Foro Italico de Rome et s’est offert, contre toute attente, un rendez-vous avec Daniil Medvedev jeudi. L’Espagnol de 20 ans, initialement sorti du seuil des qualifications avant d’entrer dans le tableau principal comme repêché, a poursuivi sa route après avoir tenu bon dans les moments décisifs d’un match serré du début à la fin.
Landaluce n’avait pas forcément l’élan d’un joueur lancé vers un grand parcours. Son bilan sur terre battue, jusque-là, était de 3 victoires pour 8 défaites au niveau global, et il avait déjà chuté au premier tour à la fois à Barcelone, au Godó, et à la Caja Mágica plus tôt dans la saison. Mais à Rome, la dynamique a changé d’un coup. « Les matches disent tout, je vais vers l’avant, vers les coups gagnants. C’est mon tennis et c’est ce que je suis. Je profite beaucoup de ces jours et je joue à un grand niveau », a-t-il expliqué après sa victoire. Il a aussi reconnu qu’il pensait déjà à la semaine suivante avant de se surprendre lui-même: « Et me voilà encore là, en train de jouer mon meilleur tennis sur terre. »
La suite sera un vrai test. Medvedev a lui aussi validé son billet en battant Thiago Agustín Tirante 6-3, 6-2, ce qui promet à Landaluce un bond de niveau face à l’un des joueurs les plus solides du circuit. Pour l’Espagnol, le simple fait d’être encore en course change déjà la lecture de son tournoi: il était prêt à rentrer chez lui après avoir échoué à passer le cut des qualifications, et il s’est finalement retrouvé à gagner un match du tableau principal. Pour ne rien gâcher, il avait déjà montré de bonnes choses au Masters de Miami avant cette tournée sur terre, signe que son niveau ne repose pas sur un seul coup d’éclat. L’article Landaluce Hoy, « Martín Landaluce se mide a Medvedev en Roma », suit d’ailleurs ce prochain rendez-vous.
Ce résultat a aussi une portée plus large pour le tennis espagnol. Depuis la blessure de Carlos Alcaraz, survenue dès le début du Godó, les regards se tournent vers d’autres réponses possibles, et Landaluce a apporté l’une des rares notes positives du moment. Formé au Club de Tenis Chamartín et désormais entraîné à l’académie de Nadal, il s’est présenté à Rome avec une réputation encore fragile, mais il y a trouvé une manière très concrète de se faire remarquer. « Je veux toujours plus », a-t-il résumé. Une chose, au moins, est désormais claire: à Rome, il n’est plus là pour compléter le tableau.
Son parcours prend d’autant plus de relief qu’il est devenu, selon le bilan du tournoi, le quatrième lucky loser à atteindre ce stade. Et il n’est pas seul à prolonger l’histoire espagnole dans cette édition: Rafael Jódar a battu Learner Tien 6-1, 6-4 en 1 heure 15 minutes, ce qui a permis à deux Espagnols d’atteindre les quarts de finale d’un Masters 1000 pour la première fois depuis un peu plus d’un an, à Monte-Carlo. À Rome, Landaluce a déjà transformé une porte de sortie en occasion de mesurer son vrai niveau. Jeudi dira jusqu’où il peut aller face à Medvedev.

