La chute est brutale pour Pierre et Frédérique, connus du public grâce à L'amour est dans le pré. Le couple, lourdement endetté à hauteur d’environ 1,5 million d’euros, a annoncé qu’il devait mettre fin à son activité agricole dans le Gers et vendre son domaine familial.
Pierre a résumé l’ampleur du renoncement en une phrase sans détour: « Ça y est, je quitte mes terres, celles de mes ancêtres, j’arrête l’agriculture car je ne peux plus continuer. » Pour ce couple de producteurs d’armagnac depuis plusieurs générations, la décision marque la fin d’une histoire familiale autant qu’un basculement économique.
Dans les colonnes du Parisien, Pierre et Frédérique ont expliqué être étranglés par des dettes, des crédits et des charges annexes. Leur situation a pris une nouvelle tournure quand Jocelyne, la mère de Frédérique, 83 ans, a lancé une cagnotte en ligne sur Leetchi pour tenter de leur éviter la rue et de leur laisser une chance de repartir.
Jocelyne a dit vouloir aider Pierre et Fred à retrouver un toit et à reconstruire leur avenir après la liquidation de l’exploitation. Elle a écrit: « Mes enfants sont agriculteurs. Malgré tous leurs efforts, leur exploitation familiale est en train d’être liquidée. » Elle a aussi précisé que le couple les aidait financièrement jusqu’ici, un détail qui donne la mesure de l’effondrement en cours.
L’objectif affiché de la cagnotte est concret: louer une maison à Mont-de-Marsan, assurer plusieurs mois de loyer et permettre au couple de continuer une activité commerciale grâce à l’achat d’un véhicule utilitaire. Le 12 mai, la collecte affichait plus de 20 658 euros récoltés, un soutien réel mais encore loin de compenser l’ampleur des dettes.
Cette initiative a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont salué le geste et apporté leur soutien au couple. D’autres ont vivement critiqué la démarche, reprochant à la famille de faire intervenir la grand-mère pour jouer sur la corde sensible et s’interrogeant sur l’absence de retour à l’emploi salarié de Frédérique.
Cette polémique a fini par revenir à Pierre lui-même, qui a répondu à Gala. « Avec Fred, nous avons toujours été des gens qui avons suscité à la fois de la cohésion et du rejet », a-t-il dit, comme pour résumer une exposition publique qui dépasse désormais de loin la seule disparition d’une exploitation agricole. Le débat n’est plus seulement celui d’une ferme qui ferme; il porte aussi sur la manière dont une famille tente de survivre, au vu et au su de tous, quand tout s’écroule en même temps.

