La médiatrice du cinéma a adressé jeudi une injonction à Megarama pour lui demander d’arrêter ses pratiques commerciales appelant au boycott de certaines petites salles municipales. Laurence Franceschini a exigé que le réseau cesse de chercher à empêcher certains distributeurs de confier l’exploitation en sortie nationale de leurs films à ces cinémas situés dans la zone de chalandise de ses enseignes.
Cette intervention survient après la saisine de la médiatrice par le CNC le 30 avril, à la suite d’un conflit déclenché début mars. Le 3 mars, Megarama a envoyé un courriel à de nombreux distributeurs, dont Pathé, Metropolitan Films et Gaumont, pour leur demander de limiter l’accès aux films en sortie nationale à plusieurs petites salles municipales qu’il accuse de créer une « distorsion de concurrence ».
Le réseau Megarama compte une trentaine de multiplexes de cinéma en France, et la demande visait des salles situées dans le Val-de-Marne, dans l’Essonne et dans l’Oise. Dans son courrier, la médiatrice a demandé à Megarama de « mettre fin aux pratiques commerciales qui visent à empêcher certains distributeurs de confier l'exploitation en sortie nationale de leurs films à des salles municipales dans la zone de chalandise de leurs enseignes », une formulation qui fixe clairement la ligne rouge du dossier.
Le cœur du litige reste le même: Megarama reproche à ces petites salles subventionnées de vendre des billets moins chers que les multiplexes et de déséquilibrer l’accès aux films. Après le courriel du 3 mars, le Syndicat des cinémas de proximité a lancé une pétition qui a recueilli près de 2 500 signatures, signe que l’affaire a immédiatement dépassé le cadre d’un simple échange commercial.
Le cinéma du Perreux-sur-Marne a, lui, indiqué recevoir depuis début mars les films avec trois, voire quatre, semaines de retard, un décalage qui résume l’effet concret de la pression exercée sur les distributeurs. François Aymé a parlé d’une « victoire éclair », tandis que Megarama a demandé « de prendre en compte ces éléments avant la discussion de [leurs] prochaines sorties », laissant entendre que le bras de fer n’est pas terminé malgré l’injonction de jeudi.
