Charlotte Cardin est montée à Cannes pour défendre le prix Lights on Women de L'Oréal Paris, dédié aux jeunes réalisatrices de courts métrages, et elle a choisi de mettre le débat sur la parité au premier plan. Invitée par la marque au Festival de Cannes, la chanteuse québécoise a dit que parler du manque d’égalité dans les industries artistiques était déjà un premier pas, mais sûrement pas une fin en soi.
Son constat est brut. Dans la musique, a-t-elle expliqué, les femmes représentent peut-être 30 à 35 % des interprètes, mais elles sont moins de 10 % dans les métiers de l’arrière-scène. Pour Cardin, l’écart dit tout du chemin qui reste à parcourir pour que le secteur ressemble enfin à la société, avec autant de femmes que d’hommes.
La présence de Cardin à Cannes n’a rien d’anodin. Ambassadrice de L'Oréal Paris depuis juillet 2025, elle accompagne la marque pour la deuxième année consécutive sur la Croisette, au moment où le festival met une nouvelle fois en lumière les questions de visibilité et de représentation des femmes dans le cinéma. L’entretien s’est tenu au Martinez, où L'Oréal Paris a installé son quartier général pour la durée du festival.
La chanteuse a construit sa trajectoire loin des discours de façade. Repérée en 2013 dans la version québécoise de The Voice, elle a ensuite imposé sa signature de mannequin et d’interprète électro-pop avec Phoenix en 2021, porté notamment par Meaningless, puis avec 99 Nights deux ans plus tard. En 2023, elle a publié Feel Good et a aussi remporté plusieurs Juno Awards pour Phoenix.
Cette ascension donne du poids à sa parole, parce qu’elle parle depuis l’intérieur d’un milieu qui compte encore trop peu de femmes, devant comme derrière la scène. Cardin ne décrit pas seulement un déséquilibre abstrait; elle le relie à la réalité quotidienne d’une industrie où la visibilité ne se traduit pas encore en pouvoir, ni en postes, ni en diversité des parcours.
Le débat survient aussi alors que la musicienne continue d’élargir son empreinte sur scène. Elle s’est produite à Bercy à la fin avril, un moment qu’elle a décrit comme un sommet personnel: « J’étais sur un petit nuage », a-t-elle confié, ajoutant qu’elle avait grandi avec l’exemple de Céline Dion, qui a rempli cette salle des dizaines de fois. Pour elle, ce concert a pris une dimension presque intime, nourrie par une communion qu’elle a jugée « magique » avec le public.
Au fond, le message de Cardin à Cannes est simple et direct: la parité dans les arts n’est pas un slogan, mais un chantier encore ouvert. Et si une artiste installée comme elle dit que le secteur est toujours très loin du compte, c’est que la question n’est pas seulement posée pour la forme; elle reste, aujourd’hui, l’un des angles morts les plus visibles de l’industrie.
