Le tunnelier du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal doit entrer en action « dans quelques jours », a indiqué mercredi la Société de transport de Montréal, ouvrant enfin la phase la plus visible d’un chantier attendu depuis des années. L’appareil, conçu sur mesure en Allemagne, a été livré à Montréal en octobre dernier puis acheminé jusqu’au chantier de la station Vertières, où il a été remonté pièce par pièce.
Le moment compte, parce qu’il marque le passage d’un projet longtemps annoncé à une machine prête à creuser. En février dernier, les gestionnaires prévoyaient encore une entrée en service en avril, mais le calendrier a glissé avant même le premier coup de pelle. La STM a affirmé que « tout est maintenant presque prêt. Mais avant d’en arriver là, il y a eu des mois de travail, de préparation et de tests ».
Le tunnelier mesurera plus de 135 mètres et pèsera plus de 2000 tonnes. Il pourra avancer à un rythme d’environ 10 à 15 mètres par jour pour forer le tunnel d’environ 6 kilomètres entre Vertières et Anjou. C’est la première fois qu’un système de ce type servira à paver la voie au métro de Montréal, un jalon technique pour un prolongement dont la facture doit maintenant atteindre 7,6 milliards, contre 6,4 milliards dans l’estimation initiale.
Le chantier arrive aussi avec son lot de promesses repoussées. Au début de la pandémie, la livraison du prolongement était évoquée pour 2026; elle a ensuite été ramenée à 2029 puis à 2030 dans les dernières années. Mercredi, la STM a confirmé que la livraison n’aurait pas lieu avant 2031, une échéance qui rappelle à quel point le projet a pris du retard sur ses premières projections.
Le tunnelier a été conçu pour creuser les futures stations du prolongement de la ligne bleue jusqu’à Anjou, en commençant à la station Vertières, la première du futur tronçon. Des tunneliers ont déjà été utilisés pour d’autres projets au Québec, dont le Réseau express métropolitain. La STM doit diffuser plusieurs images des débuts du tunnelier au cours des prochains jours, tandis que le nom officiel de l’appareil sera dévoilé à la suite d’un vote ouvert au public tenu plus tôt cette année. Pour les usagers, le signal est clair: le chantier entre dans sa phase concrète, mais le métro prolongé, lui, reste encore à plusieurs années de distance.
