Lecture: Samuel Benchetrit : L'affaire Marie-Claire ressuscite le procès de Bobigny

Samuel Benchetrit : L'affaire Marie-Claire ressuscite le procès de Bobigny

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« L'affaire Marie-Claire » arrive à Cannes avec une charge politique assumée. Le film de et , présenté hors compétition, revient sur le de 1972, quand une jeune femme accusée d’avoir avorté illégalement après un viol a fini par placer la question de l’avortement au centre du débat public en France.

y incarne l’avocate , tandis que Cécile de France joue la mère de la jeune Marie-Claire. Pour les cinéastes, le moment a une résonance particulière: ils disent avoir été poussés à travailler sur ce récit après le recul du droit à l’avortement aux États-Unis en 2022, y voyant « du sens en 2026, plus que jamais ».

Le film est le premier à se pencher sur cet épisode historique précis, qui a contribué à ouvrir la voie à la légalisation de l’avortement en France. Il suit l’affaire à la fois dans la salle d’audience et dans les événements qui ont mené au procès, avec une ambition qui dépasse la simple reconstitution judiciaire. Escaffre et Muller disent s’être appuyés sur le procès-verbal d’audience et sur les écrits de Gisèle Halimi, morte en 2020, pour construire leur récit.

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Cette fidélité au matériau d’origine n’a pas empêché la polémique. L’annonce du casting de Charlotte Gainsbourg a suscité des débats, notamment parce que l’actrice est blanche et qu’elle avait pris position publiquement en septembre 2025 dans une tribune sur Israël, les otages et Gaza. Yvo Muller a défendu ce choix en parlant d’« un choix artistique, c'est ce que l'on défend », tandis que Serge Halimi a estimé que Gainsbourg « aurait lu cette tribune avec dégoût ».

Pour les réalisateurs, cette controverse ne change rien à l’objectif du film, qui est aussi leur deuxième long métrage après « » en 2022. À l’écran, le procès de Bobigny n’est pas traité comme un simple souvenir militant, mais comme un moment charnière dont les échos résonnent encore aujourd’hui. Le film sortira en salles le 4 novembre, avec la même question au fond que celle posée en 1972: ce que la justice fait d’un corps de femme quand la loi tarde à suivre la société.

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