Lecture: Centre Val De Loire : Hugues Moutouh prend ses fonctions avec un cap sécuritaire

Centre Val De Loire : Hugues Moutouh prend ses fonctions avec un cap sécuritaire

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a officiellement pris ses fonctions de préfet de la région Centre-Val de Loire et du Loiret, lundi 18 mai à Orléans. À 58 ans, le haut fonctionnaire arrive avec un message de fermeté assumé: « Je ne suis pas là pour faire des inaugurations de succursales », a-t-il lancé devant l’installation, en disant vouloir incarner « un État fort, pas un État obèse ».

Son parcours explique en partie le ton. Diplômé de l’, agrégé et docteur en droit public, Moutouh a travaillé dans différents cabinets ministériels et à la présidence de la République jusqu’en 2012. Il a ensuite passé sept ans dans le privé, comme avocat associé chez puis à la tête d’une grande entreprise de recyclage des métaux. Marié et père d’un fils, il dit aussi être « un amoureux de l’histoire et du patrimoine ».

Le nouveau préfet n’arrive pas en terrain inconnu. Il a été conseiller au ministère de l’intérieur pendant l’affaire Merah à Toulouse en 2012, a géré le séisme majeur du Teil en 2019 et a piloté l’attaque au couteau de Romans-sur-Isère, le 4 avril 2020, qui a fait deux morts. Cette expérience de crise nourrit l’image d’un préfet très tourné vers l’ordre public, au moment où il dit vouloir se rendre jusque dans les plus petites communes de la région.

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Sur ses priorités, Moutouh a annoncé viser le narcotrafic et l’immigration irrégulière, tout en renforçant les contrôles routiers contre les comportements dangereux, notamment l’usage du téléphone au volant. Il dit toutefois vouloir éviter « une surenchère répressive inutile ». Le choix des mots compte, car sa ligne dure lui a déjà valu des critiques d’élus qui l’ont jugé proche de l’extrême droite.

Cette réputation ne date pas d’hier. À Montpellier, la démolition de bidonvilles sans relogement durable avait déclenché la controverse. Pendant les émeutes de l’été 2023, il avait aussi provoqué un tollé avec sa formule sur l’autorité parentale, « deux claques et au lit ». Dans le Loiret, ces souvenirs pèsent d’autant plus que le département a été fortement touché par les violences de 2023, en particulier à Montargis, où le centre-ville avait été vandalisé.

Son installation à Orléans dit donc plus qu’un simple changement de nom sur une porte. Le nouveau préfet prend la main dans un territoire marqué à la fois par les attentes de sécurité et par le souvenir récent des émeutes. La question n’est plus de savoir s’il veut imposer une ligne ferme: il l’a déjà annoncée. Reste à voir jusqu’où il pourra la déployer sans raviver les tensions politiques qu’elle a déjà suscitées ailleurs.

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