Allan Petre, ingénieur de la Nasa, apparaît depuis l’observatoire du Pic du Midi dans le nouveau numéro de Secrets de la science, diffusé mardi 19 mai à 21.10 sur France 2. L’émission s’installe au sommet surnommé le « Vaisseau des étoiles » pour raconter une même question, vieille comme l’astronomie moderne: y a-t-il ailleurs des mondes capables d’abriter la vie ?
Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Le Pic du Midi est lié à l’observation des planètes du système solaire depuis le début de ses recherches, au début du XXe siècle, et il a déjà joué un rôle décisif sur Mars. En 1909, un astronome de l’observatoire y a pris les premières images vraiment bien résolues qui ont aidé à réfuter l’idée de canaux martiens construits par des habitants de la planète rouge.
À l’époque, la fin du XIXe siècle avait nourri l’idée d’une Mars habitée, traversée de canaux sur sa surface. Le contraste avec ce que l’on sait aujourd’hui est saisissant, mais il sert de point de départ au programme: comprendre comment la science corrige ses propres certitudes et pourquoi la question de la vie ailleurs n’a rien perdu de sa force.
François Forget résume cette définition de la vie en quelques mots: un système chimique capable de se reproduire. Il ajoute que cela change, évolue, et qu’au fil des générations, on peut voir apparaître des yeux, des oreilles et d’autres formes d’organisation. Cette idée porte le cœur de l’enquête, qui ne se limite pas à regarder des points lumineux dans le ciel, mais à chercher des conditions physiques concrètes.
Franck Marchis rappelle de son côté qu’il existe, d’après des calculs statistiques, plus de 300 millions de planètes semblables à la Terre dans la Voie lactée. C’est sur ces exoplanètes que se concentre la recherche décrite dans l’émission: déterminer si elles possèdent de l’eau liquide à leur surface, l’un des indices les plus importants pour imaginer une forme de vie.
Ce chantier dépasse largement l’horizon du Pic du Midi. Sur dix ans, une vaste campagne de relevé du ciel balayera l’ensemble du ciel de l’hémisphère Sud tous les trois nuits, à travers environ 1 000 images haute définition prises dans six bandes de couleur. Un tel rythme doit permettre de suivre les changements de l’univers, à proximité comme à très grande distance.
La promesse de ce numéro est claire: le passé de Mars éclaire les questions d’aujourd’hui, et les outils de cartographie du ciel pourraient bientôt dire bien plus que ce que les anciens télescopes permettaient d’imaginer. Ce mardi soir, au Pic du Midi, Allan Petre sert de guide à une science qui ne cherche plus seulement des planètes, mais des preuves que la vie peut émerger ailleurs que sur la Terre.
