Loïs Boisson est arrivée lundi après-midi au Tennis Club de Strasbourg et a pris, une heure plus tard, la mesure d’un retour encore fragile. La Française, 50e mondiale et invitée grâce à une wild card, doit affronter Victoria Mboko mardi à 17h30 au deuxième tour du WTA 500 d’Alsace.
Sur le terrain, le ton est vite monté. Clarence a lancé, en voyant son geste, qu’on aurait dit le « coup droit lasso de Rafa », et Simon a ajouté: « en moins fort, quand même ». Boisson a surtout travaillé son coup fort, ce forehand shift que Florian Reynet lui demande d’assumer davantage, avec sa lourdeur et son effet lifté. À 23 ans, la Française sort d’une séquence qui l’a laissée loin des courts pendant sept mois, et chaque séance doit encore être calibrée.
Le rendez-vous de mardi a du poids. Mboko arrive avec le statut de 9e mondiale, 19 ans, et Boisson n’a plus croisé une joueuse du top 10 depuis sa demi-finale à Roland-Garros 2025 contre Coco Gauff. À Strasbourg, elle avance avec ce mélange de curiosité et de prudence qui accompagne les reprises quand le classement dit une chose et le corps en raconte une autre.
Reynet a repris le travail avec elle après une coupure intervenue juste avant l’US Open. Le coach, artisan de son parcours parisien, lui a demandé d’insister sur sa filière préférée, mais aussi de garder le geste vivant. De son côté, Boisson a reconnu que son coup droit restait par moments trop court: elle ralentit parfois sans savoir pourquoi, ou sent qu’elle manque de relâchement au dernier moment, au point de partir en arrière au moment de frapper.
Le staff a donc passé les dernières semaines à chercher un point d’équilibre. Kévin Jamin explique que, depuis trois semaines, un compromis a été trouvé pour soutenir la zone sans casser la détente musculaire, avec des bandes élastiques, un échauffement précis et un travail de rééducation qui encadrent encore sa préparation. Il dit aussi que la blessure n’est plus un facteur limitant, même si elle doit rester sous surveillance pour permettre une reprise au plus près de ses capacités.
C’est là que se joue le vrai test de Strasbourg. Boisson n’a pas seulement besoin de tenir un match contre une adversaire mieux classée. Elle doit surtout prouver que son tennis peut retrouver de la liberté sans que la blessure reprenne le dessus, au moment même où le calendrier lui redonne une scène et où son équipe cherche encore jusqu’où elle peut pousser la machine.
À Strasbourg, la Française ne joue pas seulement un deuxième tour. Elle joue la suite logique de son retour, avec une séance d’une heure pour unique répétition générale avant un duel qui dira si sa progression tient déjà la vitesse du circuit.

