La porte-parole du palais, Claire Castro, a vivement critiqué lundi le sénateur Robin Padilla, l’accusant d’incohérence après son comportement supposé autour de son allié, le sénateur Ronald « Bato » dela Rosa. Le Bureau national d’investigation a, lui, qualifié Padilla de person of interest dans la sortie de dela Rosa.
Castro a rappelé que Padilla avait déjà affirmé qu’une personne visée par un mandat d’arrêt devait se rendre aux autorités. Elle a dit que le palais voulait voir si les mêmes mots s’appliquaient encore aujourd’hui, alors que les regards se tournent vers le sénateur au cœur de l’affaire.
Le rappel n’est pas venu de nulle part. Un vidéo de 2018, remise en circulation, montre Padilla pressant alors le sénateur Antonio Trillanes IV de se rendre aux autorités en lien avec un mandat d’arrêt pour rébellion. Dans cet extrait, Padilla dit: « We ordinary people have no choice when there’s a case against us. » Il ajoute: « When the police tell us we need to go with them, we go with them. » Puis: « Don’t hide behind the Senate’s protection! »
Le même lundi, le directeur du NBI, Melvin Matibag, a déclaré que Padilla était considéré comme un person of interest dans l’évasion de dela Rosa. Selon lui, Padilla devrait d’abord être interrogé sur l’endroit où se trouvait le sénateur, car il aurait été la dernière personne vue avec lui avant qu’il ne disparaisse. Le NBI a lié cette position à des informations selon lesquelles Padilla et dela Rosa auraient quitté l’enceinte du Sénat ensemble.
Les faits qui alimentent cette pression remontent à mercredi soir, quand une fusillade a éclaté, avant que dela Rosa ne quitte les locaux du Sénat quelques heures plus tard. C’est ce départ, et la question de savoir qui était avec lui, qui a transformé une ancienne vidéo en pièce à conviction politique. Le palais a dit qu’une enquête aurait lieu.
Castro a demandé que toute personne impliquée dans d’éventuelles négligences, violations de la loi ou tentatives d’aider quelqu’un à s’enfuir rende des comptes. Et au bout du compte, c’est bien là que se trouve le cœur du dossier: soit Padilla applique aujourd’hui à son allié la règle qu’il défendait en 2018, soit il faut expliquer pourquoi ce principe ne vaut plus quand il s’agit de Ronald dela Rosa.
