Cannes, le 18 mai 2026 — Rossy de Palma a retrouvé Pedro Almodóvar à Cannes avec la même évidence qu’à ses débuts. L’actrice espagnole, qui le connaît depuis quarante ans, a dit lundi que le cinéaste n’avait pas changé: « Pedro n’a pas changé en quarante ans ». Autofiction, présenté en compétition au Festival de Cannes, doit sortir dans les salles françaises le 20 mai 2026.
De Palma ne parle pas seulement d’un réalisateur qu’elle admire. Elle parle d’un compagnon de route. « Je suis si proche de Pedro que, même quand je ne participe à l’un de ses films, j’ai l’impression d’en faire partie », a-t-elle dit, résumant en une phrase quatre décennies de fidélité artistique. Dans Autofiction, elle tient un second rôle de femme de pouvoir extravagante, un registre qu’elle connaît bien chez Almodóvar et qui la replace au cœur de son univers, même dans une apparition secondaire.
Cette proximité donne aussi du poids à son regard sur le film. Autofiction est présenté comme une mise en abyme ludique, où un cinéaste écrit un nouveau scénario en s’inspirant de la vie des gens qui l’entourent. Le projet s’inscrit dans la trajectoire d’un auteur qui a fait de ses proches, de ses actrices et de ses obsessions une matière de cinéma immédiatement reconnaissable. Le film sera visible en France à partir du 20 mai 2026, un calendrier qui le place au centre de la saison cannoise avant sa sortie commerciale.
Mais De Palma n’offre pas seulement des compliments. Elle dit ne pas aimer le titre français, qu’elle juge trop révélateur. « Je ne suis pas fan du titre français qui gâche un peu la surprise », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’« on aurait dû garder le titre espagnol, « Noël amer » que je trouve plus intrigant. » Pour elle, ce choix enlève une part du plaisir de découverte que le film cherche justement à ménager.
La tension, dans ses propos, tient moins au film qu’au parcours de son auteur. Almodóvar n’a jamais remporté la Palme d’or, malgré une influence considérable sur le cinéma espagnol et au-delà. De Palma le dit sans détour: « Il a ouvert la voie à de nombreux créateurs, mais aussi créatrices en Espagne. » Elle insiste ainsi sur l’empreinte d’un cinéaste qui a changé le paysage du cinéma espagnol tout en restant, à ses yeux, étonnamment intact.
À Cannes, cette fidélité prend la forme d’un constat simple. Rossy de Palma n’est pas venue commenter une mode passagère ni saluer une légende figée. Elle a rappelé qu’elle faisait corps avec l’œuvre d’Almodóvar, au point de se sentir impliquée même quand elle n’apparaît pas à l’écran. C’est peut-être là que se trouve la mesure de son cinéma: dans cette capacité à garder ses proches à l’intérieur du cadre, et à continuer d’attirer, quarante ans plus tard, ceux qui savent encore le regarder de près.

