Carlo Ancelotti annoncera lundi à 23 h, heure française, la liste des 26 joueurs retenus pour la Coupe du monde, et la place de Neymar reste l’un des principaux sujets de la dernière ligne droite. À 34 ans, l’attaquant de Santos a pleuré dimanche lorsque l’hymne brésilien a retenti à l’Urbano-Caldeira, avant la défaite 0-3 face à Coritiba.
Le moment a compté. Neymar a disputé 10 des 13 derniers matches de Santos et il continue de pousser pour retrouver la Seleçao à l’approche du tournoi, qui se jouera du 11 juin au 19 juillet. Il est déjà le meilleur buteur de l’histoire du Brésil avec 79 buts en 128 sélections, mais son retour dépend encore d’un feu vert que personne n’a voulu lui promettre trop tôt.
Ancelotti a dit que l’environnement extérieur resterait sous contrôle jusqu’au bout de la Coupe du monde, avec ou sans Neymar. Le sélectionneur a aussi estimé que l’attaquant s’était beaucoup amélioré ces derniers temps, qu’il travaillait dur pour se rétablir et qu’il jouait. Pour lui, la décision ne dépend que du joueur. Ce message, répété au Brésil depuis des mois, a le mérite de la clarté: la forme physique de Neymar reste le vrai critère, plus encore que son nom ou son palmarès.
Neymar, lui, a insisté sur une autre lecture. « J’ai toujours dit que c’était mon rêve de disputer cette Coupe du monde », a-t-il dit, ajoutant se sentir « physiquement » très bien. Il a aussi expliqué avoir beaucoup travaillé, en silence, et avoir souffert des critiques, avant de dire qu’il espère être appelé. S’il ne l’est pas, il a prévenu qu’il sera « un supporter de plus » de la Seleçao. À ce stade, son discours ressemble moins à une supplique qu’à une mise en garde: il se voit prêt, mais il sait que la décision ne lui appartient pas.
La sélection d’Ancelotti intervient dans un climat où chaque détail est scruté. Neymar a récemment connu des incidents publics avec des supporters de Santos et avec Robinho Jr à l’entraînement, tandis que Thiago Silva, 41 ans, peut nourrir l’espoir d’un retour après avoir quitté la Seleçao en 2022. Le défenseur de FC Porto avait déjà travaillé avec Ancelotti au Paris de 2012-2013. Son éventuelle présence est liée à l’absence désormais certaine d’Éder Militão et aux incertitudes qui entourent encore l’axe central brésilien. Marquinhos et Gabriel doivent, eux, se retrouver le 30 mai en finale de la Ligue des champions, un rendez-vous qui fera aussi partie de l’arrière-plan de la liste finale.
Au bout du compte, le Brésil attend lundi moins un coup de théâtre qu’une réponse nette. Si Neymar figure dans les 26, Ancelotti actera qu’il estime le pari tenable. S’il manque à l’appel, le débat qui agite le pays depuis des mois basculera vers une certitude plus lourde encore: pour la Coupe du monde, la Seleçao aura choisi de se passer de sa figure la plus connue.

