Marco Wyss a acheté son billet 17 secondes après le départ du train de Soleure vers Berne, trop tard pour éviter une amende qui a transformé un simple trajet en affaire de principe. Lui et son compagnon venaient pourtant de monter à bord à temps, avant de régler leurs titres de transport quelques secondes après le départ.
Sept minutes plus tard, Wyss s’est vu infliger une amende de 130 francs, soit 142 euros, tandis que son compagnon recevait une sanction de 90 francs, soit 98 euros, après réduction. L’affaire, banale dans ses faits mais spectaculaire dans sa rigueur, a poussé Wyss à saisir l’autorité régionale de Berne-Soleure.
Ce recours n’a rien changé. L’autorité a maintenu la sanction, tout en lui écrivant: « Nous comprenons votre frustration, d'autant plus que les billets ont été achetés quelques secondes seulement après le départ. » La réponse dit tout de la logique appliquée ici: la compréhension, oui; l’annulation, non.
Wyss a dénoncé une règle qui, selon lui, décourage l’usage des transports publics au lieu de le favoriser. « Si nous voulons que les gens utilisent les transports publics, ils doivent être attractifs, compréhensifs », a-t-il dit. Puis il a résumé la portée de cette mésaventure avec une phrase plus directe encore: « C'est des expériences comme celle-là qui font fuir les clients ! »
Le cas prend place dans un contexte où l’argument de la discipline stricte se heurte à celui de l’accès facile aux transports. Les billets ont bien été achetés après que le couple a réussi à embarquer juste après le départ, mais l’autorité a maintenu l’amende malgré cette chronologie au centième de seconde près. C’est ce décalage entre la règle appliquée et la situation vécue qui fait de cette affaire un exemple rare de contrôle rigoureux du billet, et non une simple erreur de voyageurs.
La décision laisse Wyss avec sa sanction et le message des autorités: elles reconnaissent la frustration, mais ne reviennent pas sur la punition. Pour les passagers, la leçon est brutale et immédiate: dans ce type de contrôle, quelques secondes peuvent suffire à faire basculer un trajet ordinaire en dossier administratif.
