Amélie Mauresmo a livré vendredi 15 mai, sur Europe 1, un premier portrait de Roland-Garros 2026 qui laisse peu de place au doute chez les hommes et beaucoup plus d’incertitude chez les femmes. La directrice du tournoi a dit voir Jannik Sinner comme l’« immense favori » du tableau masculin, alors qu’elle juge la compétition féminine largement ouverte.
« Chez les garçons, là, on a vraiment un gros favori qui se détache, pour le coup, qui est Jannik Sinner », a-t-elle dit dans Studio des Légendes. Pour elle, l’Italien arrive avec une avance nette sur le reste du plateau. Elle a aussi estimé qu’Alexander Zverev pourrait bousculer cet ordre des choses s’il regagnait vite en confiance, tout en rappelant qu’aller chercher Sinner resterait difficile.
Le contraste est tout autre chez les femmes. Mauresmo n’a pas voulu désigner une favorite unique et a résumé la situation d’une formule nette: « Je ne suis pas certaine qu’il y en ait une qui sorte vraiment du lot ». Elle a cité Aryna Sabalenka, Coco Gauff et Iga Swiatek comme les trois principales candidates au titre, en jugeant Sabalenka et Gauff « un peu au-dessus des autres ».
La Française a toutefois insisté sur le poids particulier de Swiatek à Roland-Garros. « Iga, elle a tellement de souvenirs, de confiance lorsqu’elle arrive ici à Roland-Garros, qu’elle peut se mettre aussi au niveau », a-t-elle dit, en soulignant l’expérience accumulée par la Polonaise porte d’Auteuil. Cette lecture place le tableau féminin dans une zone d’ouverture rare, où le statut ne suffit pas à figer les pronostics.
Chez les Français, Mauresmo a évoqué Arthur Fils avec optimisme, disant le voir « affûté », avec un jeu bien en place et des plans clairs dans sa tête. Elle a ajouté qu’il donne la sensation d’un joueur qui « est là pour gagner ». Le tableau n’est pas figé non plus derrière les têtes d’affiche, et c’est l’une des raisons pour lesquelles ces projections intéressent déjà les suiveurs du tournoi.
Elle a aussi parlé de Loïs Boisson, au centre d’une autre attente après sa surprise de l’an dernier. Mauresmo a dit qu’elle pourrait connaître une situation plus difficile cette année, alors qu’elle avait été invitée dans le tableau principal l’an dernier avant d’avancer seule, grâce à « son travail » et à « son talent ». La trajectoire de la joueuse rappelle qu’à Roland-Garros, une invitation ne fait pas tout, mais peut ouvrir la porte à autre chose.
Ce premier baromètre intervient avant le coup d’envoi du tournoi, alors que le contexte masculin est aussi marqué par l’absence de Carlos Alcaraz dans le tableau. Avec Sinner présenté comme le pôle dominant et les femmes décrites comme plus indécises, Mauresmo a dessiné une hiérarchie provisoire qui servira de grille de lecture dès les premiers jours de Roland-Garros 2026.

