Lecture: Daniel Auteuil à Cannes : la tenue des marches reste sous contrôle

Daniel Auteuil à Cannes : la tenue des marches reste sous contrôle

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Sur les marches du , à Cannes, le costume continue de dominer, surtout pour les hommes. Mercredi soir, a pourtant bousculé la ligne en entrant sans cravate ni nœud papillon, sa veste portée à même la peau. Deux jours plus tôt, le 13 mai, il était déjà présent à la projection de avec .

Ce type d’écart suffit encore à faire parler sur la Croisette, où le dress code du tapis rouge demeure l’un des plus classiques du circuit. Chez les femmes, l’autorisation des chaussures plates n’a d’ailleurs été accordée que récemment. Longtemps, l’élégance attendue a eu le visage d’une silhouette très codée, au point que a déjà fustigé à la radio de service public des images de femmes « les épaules et cuisses nues, perchées sur de hauts talons, agrippées aux bras de vieillards en smoking ».

La remarque dit bien ce que Cannes protège encore: une certaine idée de la représentation, où le formalisme pèse plus lourd que l’originalité. En 2019, avait déjà proposé une autre lecture de la montée des marches pour , en costume noir et chemise blanche, sans chercher à imiter les codes féminins attendus sur cette scène. Mais ce geste reste l’exception, pas la règle.

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Car le contraste est net avec d’autres tapis rouges, où des acteurs masculins comme , Jacob Elordi ou Timothée Chalamet ont déjà testé des tenues plus fluides, plus ouvertes sur le genre. À Cannes, ce mouvement avance plus lentement. Ici, la norme reste le smoking, la robe longue et la tenue qui n’attire pas l’œil plus que le film.

Et les films, eux, continuent d’aligner les noms. Sheep in the Box, de Hirokazu Kore-eda, met en scène un couple qui a perdu son fils de 7 ans et se voit proposer un robot humanoïde à son image. L'Être aimé, de Rodrigo Sorogoyen, se déroule aux Canaries et suit un cinéaste qui tente de renouer avec sa fille, qu’il a engagée comme actrice. Mémoire de fille, de Judith Godrèche, adapte le récit d’Annie Ernaux situé à l’été 1958. Gentle Monster, de Marie Kreutzer, réunit Léa Seydoux, tandis que Si tu penses bien, de Géraldine Nakache, place Gil face à Jacques, joué par Niels Schneider.

Au fond, Cannes ne s’ouvre pas encore totalement à la fantaisie vestimentaire, surtout chez les hommes. Mais les fissures existent déjà. Schneider en est une preuve modeste, et le vrai sujet est là: sur la Croisette, la mode change plus lentement que les films.

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