Michel Drucker a retrouvé Yleng Kem dans le podcast En Raphäl, mis en ligne sur YouTube le 10 mai 2026, et la surprise a pris tout le monde de court. Quand la Cambodgienne est entrée en cours d’entretien, l’animateur n’a pas caché son émotion. « Qu’est-ce que je suis content de te voir », a-t-il lancé, ajoutant qu’il croyait qu’elle était à Phnom Penh, avant de dire simplement qu’il était « très touché » qu’elle soit là.
Ce retour de flamme a aussitôt ramené l’entretien à une histoire qui dépasse largement la télévision et les souvenirs de plateau. Drucker a rappelé qu’avec son épouse, ils avaient accueilli Yleng chez eux alors qu’elle avait 16 ans, après sa fuite du régime des Khmers rouges. « Je considère que c’est ma fille. J’ai deux filles. Il y a Stéfanie, qui a grandi avec elle. Et puis, il y a ma petite Yleng, qui est venue en 1979 », a-t-il dit. Il a ajouté qu’ils disposaient d’« une chambre en plus » dans leur appartement et qu’ils avaient donc fait « une demande pour accueillir une Cambodgienne ». « Et c’est Yleng qui est venue, et qui a passé dix ans chez nous », a poursuivi Drucker.
Cette période a façonné la suite de la vie de Yleng Kem. Drucker a expliqué qu’à son arrivée, elle ne parlait pas bien français, si bien que le couple s’est occupé de ses études en Angleterre. Il a aussi raconté qu’elle est devenue « quelqu’un de très très pointu » dans son domaine, au point d’être recrutée par Pierre Cardin. Yleng Kem a ensuite été nommée première responsable d’atelier de la maison à 23 ans, un parcours que Drucker a résumé d’une formule nette: « elle est arrivée, elle ne savait pas grand-chose. Et elle a fini par coudre les plus belles robes du monde pour les princesses du monde entier ».
Le fond de cette histoire explique aussi pourquoi cette réunion a eu une portée particulière. Depuis 53 ans, Drucker et Dany Saval vivent ensemble, et l’hospitalité qu’ils ont accordée à une adolescente cambodgienne déplacée par la guerre a fini par devenir un lien familial assumé au grand jour. Yleng Kem a ensuite cofondé l’association Padouma, qui mène des actions concrètes dans l’éducation, la santé et la culture au Cambodge, et Drucker en est le parrain. Autrement dit, ce qui aurait pu rester un souvenir privé s’est transformé en fil de transmission, entre une famille, un métier et un engagement sur le terrain.
Le seul point qui change la lecture de cette histoire, c’est la manière dont elle a été racontée en public: non comme une anecdote de célébrité, mais comme une adoption de fait, assumée sans détour par Drucker lui-même. En disant « je considère que c’est ma fille », il a levé toute ambiguïté. La réunion du 10 mai a donc fait plus que réveiller un souvenir; elle a confirmé qu’entre Michel Drucker et Yleng Kem, le lien n’a jamais été rompu.
