Ayoub Bouaddi a choisi de jouer son football international pour le Maroc. Le milieu de 18 ans, formé à Lille, a tranché en faveur du pays de ses deux parents après des mois d’hésitation entre Rabat et la France.
La Fédération marocaine a finalisé les derniers détails administratifs jeudi, scellant un dossier suivi de près depuis plusieurs mois. Bouaddi avait pourtant déjà porté dix fois le maillot de l’équipe de France Espoirs de Gérald Baticle, qui a assisté à son match dimanche à Monaco.
La décision met fin à une longue période d’attente autour d’un joueur classé parmi les grands talents de la génération 2007, avec Lamine Yamal, Pau Cubarsi et Rodrigo Mora. Bouaddi avait attiré l’attention dès le 2 octobre 2024, le jour de ses 17 ans, avec une prestation remarquée contre le Real Madrid en Ligue des champions, avant de prolonger son contrat avec Lille jusqu’en 2029 cet automne.
En décembre, il disait que son plus grand rêve était de « gagner la Coupe du monde, la Ligue des champions, de tout gagner ». Il ajoutait aussi que le Mondial 2026 l’attirait « forcément », en raison de son nouveau format. À ce moment-là, son avenir restait ouvert des deux côtés, alors qu’il avait déjà disputé 95 matches avec Lille, dont 25 en compétitions européennes.
Dans l’entourage du dossier, une source proche de la Fédération marocaine décrit un système marocain « parmi les plus structurés, les plus visibles et les plus porteurs » pour le développement du football. Une autre source liée au complexe Mohammed VI de Salé situe ce choix dans une tendance déjà incarnée par Brahim Diaz, Neil El Aynaoui et Ibrahim Rabbaj, alors que Mohamed Ouahbi et Fouzi Lekjaa ont aussi échangé avec le joueur.
En face, la Fédération française n’a pas, selon une source proche du dossier, parfaitement géré le cas. Didier Deschamps a dit ne pas avoir parlé à Bouaddi et a rappelé la densité de la concurrence au milieu. « Ce sera son choix », a-t-il résumé. Une source proche du dossier ajoute que Zinédine Zidane a peut-être tenté d’entrer en contact avec lui. Pour le Maroc, qui sort d’une demi-finale au Mondial 2022 et coorganisera une partie de la Coupe du monde 2030, le ralliement de Bouaddi confirme une capacité croissante à attirer les joueurs binationaux au moment où ils doivent trancher.

