Arles ne détruira finalement pas le pont de Bigot. La municipalité a confirmé le maintien de cet ouvrage, prévu au départ pour être démoli dans le cadre de la création d’une voie verte reliant les Alyscamps au Pont Van Gogh.
La décision a été annoncée après une réunion publique tendue tenue le 30 avril sur l’avenir du pont, douze jours plus tôt, où les riverains avaient exprimé une opposition ferme à sa disparition. Patrick de Carolis a expliqué avoir « décidé de tenir compte des échanges et des attentes exprimées par les habitants en confirmant le maintien du pont Bigot et annuler sa destruction », ajoutant que cette orientation traduit « une volonté claire: être à l’écoute des Arlésiennes et des Arlésiens et faire vivre une concertation concrète autour des grands projets municipaux ».
Cette réunion avait été animée par Mandy Graillon et Cyril Juglaret, adjoint notamment en charge des mobilités. Le pont de Bigot franchit la rue Guintoli et faisait partie du tracé imaginé pour la voie verte, un aménagement présenté par la ville comme un lien plus doux entre les Alyscamps et le secteur du Pont Van Gogh. En gardant l’ouvrage, la municipalité dit vouloir éviter de nouvelles études et de nouvelles procédures liées à une démolition puis à une reconfiguration du site.
C’est ce point qui pèse le plus dans la décision. La ville affirme que le chantier de la voie verte se poursuit et qu’elle pourra avancer plus vite sans repasser par tout le cycle administratif qu’aurait imposé la destruction du pont. Le compromis répond donc à la fois à la contestation locale et à l’objectif affiché d’achever plus rapidement un projet d’aménagement suivi de près par les habitants du secteur.
Le dossier montre surtout que la concertation n’a pas été un simple passage obligé. Treize jours après une réunion publique houleuse et au terme des échanges du 30 avril, Arles a tranché en faveur du maintien du pont de Bigot. La question qui reste désormais n’est plus celle de sa disparition, mais celle du rythme auquel la voie verte pourra être livrée sans perdre l’adhésion des riverains.
