Roland Garros 2026 a dévoilé cette semaine ses huit wild cards pour le tableau principal, avec six invitations attribuées à des joueuses françaises et deux autres distribuées dans le cadre d’accords réciproques avec d’autres fédérations du Grand Chelem. La liste place au premier plan Leolia Jeanjean, Tiantsoa Rakotomanga Rajaonah, Fiona Ferro, Alice Tubello, Ksenia Efremova et Clara Burel.
Jeanjean, 127e mondiale, revient à Paris avec le souvenir de son parcours jusqu’au troisième tour dès ses débuts en 2022, et avec une demi-finale à Bogota cette année pour rappeler qu’elle sait encore peser sur le circuit. Rakotomanga Rajaonah, classée 159e, a remporté son premier titre WTA en septembre dernier à Sao Paulo et a déjà atteint un meilleur classement en carrière, 116e, en février, même si son bilan de la saison n’est que de deux victoires en 12 matches. Ferro, 197e, n’est plus très loin du niveau qui l’avait menée au 39e rang mondial; la double lauréate de titres WTA à Lausanne en 2019 et à Palerme en 2020, quart de finaliste à Roland Garros en 2020, a aussi gagné le trophée WTA 125 d’Oeiras le mois dernier.
L’autre moitié de la sélection française raconte davantage une reprise qu’une ascension linéaire. Tubello, 256e, a retrouvé le rythme après six mois d’arrêt pour une blessure au genou, a remporté deux titres ITF W50 sur terre battue à Saint-Palais-sur-Mer et Bujumbura au cours des neuf derniers mois, puis a atteint la semaine dernière sa première demi-finale en WTA 125 à Istanbul. Pour elle, ce sera une première apparition dans un tableau principal du circuit principal. Burel, elle, était sans classement après un retour le mois dernier d’une absence de 13 mois liée à une blessure au genou; ancienne 42e mondiale et double finaliste WTA, elle a déjà franchi le troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem à quatre reprises.
Efremova, 17 ans et numéro un mondiale junior, compléte le groupe avec une trajectoire qui reste courte mais déjà chargée. Championne de l’Open d’Australie juniors en 2024, elle a disputé sa première finale ITF W35 à New Delhi en décembre dernier et signé à Madrid son premier succès face à une joueuse du top 200, Lulu Sun, avant de découvrir pour la première fois un tableau principal sur le circuit principal. L’annonce comprend aussi neuf wild cards pour les qualifications, dont huit pour des Françaises et une pour un autre accord réciproque avec l’Australie.
Le tableau dessine une logique nette: Paris protège ses joueuses, mais il ouvre aussi la porte à des profils qui reviennent de blessure ou qui arrivent encore du circuit junior. Akasha Urhobo, qui a obtenu la wild card réciproque de la fédération américaine grâce à un classement établi sur les tournois de terre battue de la saison, affiche un bilan de 17 victoires pour quatre défaites sur green clay depuis début avril et fera ses débuts en Grand Chelem dans le tableau principal. Emerson Jones, 17 ans elle aussi, ancienne numéro un junior et 129e mondiale cette semaine, a gagné son billet réciproque de Tennis Australia après une finale à Gifu sur dur, mais n’a pas encore disputé de match professionnel sur terre battue. À l’heure où Roland Garros 2025 a servi de point de départ à l’attention portée sur la prochaine édition, cette liste fixe déjà le décor du printemps parisien: une carte postale locale, mais aussi un test immédiat pour des joueuses qui veulent prouver qu’une invitation peut valoir bien plus qu’un simple passe-droit.
