Jannik Sinner a battu Andrey Rublev 6-2, 6-4 jeudi en quarts de finale à Rome et a établi un nouveau record de 32 victoires consécutives en Masters 1000. À 24 ans, l’Italien a dépassé la marque de Novak Djokovic, qui avait aligné 31 succès d’affilée entre mars et août 2011 dans ces tournois.
Le résultat a confirmé le statut de grandissime favori de Sinner à l’Atp Rome, en l’absence de Carlos Alcaraz, blessé. Pour le public du Foro Italico, la victoire a aussi prolongé une série qui semble ne plus connaître de frein: Sinner n’a plus perdu un match en Masters 1000 depuis le 5 octobre 2025, quand il avait abandonné contre Tallon Griekspoor au troisième tour à Shanghai.
Depuis cette défaite, l’Italien a enchaîné cinq titres consécutifs en Masters 1000, à Paris 2025, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Madrid. Dans cette séquence, il n’a concédé que deux sets pour 64 remportés, une domination qui explique pourquoi son passage à Rome prend des allures de campagne de rattrapage historique.
Rome est en effet le seul Masters 1000 manquant dans le trophée de Sinner. S’il gagne la finale dimanche, il deviendra le deuxième joueur après Djokovic à remporter les neuf tournois Masters 1000 du calendrier. Ce serait un accomplissement rare, mais aussi une manière de refermer la dernière case d’une collection déjà presque complète.
La victoire de jeudi s’inscrit aussi dans une série plus large. Sinner a remporté ses 27 derniers matches sur le circuit, la plus longue séquence de sa carrière. Sa dernière défaite sur le circuit avant ce run remonte aux quarts de finale de l’ATP 500 de Doha, en février, ce qui montre à quel point sa montée en puissance a été régulière depuis l’hiver.
Le rendez-vous de vendredi dira jusqu’où peut aller cette dynamique. Sinner doit affronter Daniil Medvedev ou Martin Landaluce en demi-finales, et l’opposition pourrait encore resserrer le décor autour de l’Italien, face à un vainqueur de tout autre profil. Landaluce est entré tardivement dans le tableau principal comme lucky loser, après avoir perdu en qualifications.
À Rome, l’enjeu dépasse le simple tableau de marche. Le tournoi masculin du Foro Italico n’a plus vu de vainqueur italien depuis Adriano Panatta en 1976, et Sinner porte désormais seul la possibilité de faire tomber cette vieille attente. Finaliste ici l’an dernier, il revient cette fois avec une avance sportive qui transforme chaque match en étape vers un palier que personne n’a encore atteint dans son cas.

