La Première ministre lettone Evika Silina a annoncé jeudi qu'elle quitterait ses fonctions, entraînant l'effondrement de son gouvernement de coalition. Dans une allocution télévisée, la cheffe du gouvernement de centre-droit a déclaré: « Je démissionne, mais je n'abandonne pas ».
Silina, membre de Nouvelle Unité, avait perdu mercredi sa majorité au Parlement après que le parti de gauche Les Progressistes a retiré son soutien. Ce revirement est intervenu après le limogeage, ce week-end, du ministre de la Défense Andris Spruds, membre des Progressistes, tenu pour responsable de la gestion d'incidents liés à des drones ukrainiens en provenance de Russie entrant dans l'espace aérien letton.
Le départ de Silina ouvre une nouvelle phase d'incertitude politique à Riga à quelques mois des élections prévues en octobre. Le président letton Edgars Rinkevics doit rencontrer vendredi tous les partis représentés au Parlement, une étape qui devra permettre de mesurer s'il existe encore une base pour reconstruire une majorité ou s'il faudra avancer vers une recomposition plus large.
Le gouvernement de Silina reposait sur une coalition fragile, et la rupture avec Les Progressistes a laissé la Première ministre sans appui suffisant pour tenir. Le déclencheur immédiat a été le dossier des drones, mais la crise révèle aussi la difficulté pour l'exécutif letton de maintenir une ligne commune sur la sécurité, alors que la pression politique monte à l'approche du scrutin d'octobre.
Pour Silina, la démission n'efface pas la campagne qui s'ouvre déjà autour de son bilan. Pour la Lettonie, elle marque surtout la fin d'un gouvernement que ses alliés n'ont pas réussi à sauver une fois la majorité perdue. La suite dépend désormais de la capacité des partis à trouver, avant octobre, une nouvelle formule qui tienne plus longtemps qu'une crise de coalition de plus.

