Un babysitter soupçonné d’avoir commis les mêmes faits sur 18 enfants à Lille et dans sa périphérie a été mis en examen puis placé en détention provisoire, après une nouvelle série d’accusations qui remonte jusqu’à un tout-petit de 2 ans et 10 mois. L’homme, déjà condamné en 2020 à Nice, a été repris en garde à vue le 11 mai 2026 avant que le parquet de Lille ne demande l’ouverture d’une information judiciaire le 12 mai.
Le dossier prend une ampleur particulière parce qu’il mêle plusieurs périodes, plusieurs lieux et plusieurs procédures. En 2020, il avait été condamné à cinq ans de prison pour des violences sexuelles commises sur un enfant qu’il gardait à Nice. À sa sortie, il portait une interdiction d’exercer une activité impliquant des mineurs. Installé ensuite dans le Nord, il a malgré cela repris de multiples missions de garde d’enfants via une plateforme spécialisée, ce qui a conduit les enquêteurs à rechercher les familles susceptibles d’avoir fait appel à lui.
Le juge de l’application des peines du tribunal judiciaire de Lille avait déjà, le 9 janvier, révoqué son suivi socio-judiciaire et ordonné son incarcération pour deux ans, après avoir relevé qu’il avait été condamné pour agression sexuelle sur un mineur de moins de 15 ans et qu’il n’avait pas respecté l’interdiction de contact avec des mineurs. Les nouvelles accusations portent sur des viols présumés commis sur le jeune enfant confié à sa garde après un recrutement par une plateforme de garde d’enfants spécialisée.
Le travail des enquêteurs de la police judiciaire de Lille a permis d’identifier tous les parents qui avaient pu utiliser ses services par ce biais. Au total, 58 enfants ont été recensés comme ayant été gardés par le suspect entre mars 2023 et décembre 2025, dans 55 familles vivant à Lille et dans son agglomération. Cette cartographie des gardes donne une idée de l’ampleur des vérifications encore à mener, au-delà des 18 enfants déjà visés par les soupçons initiaux.
Le parquet précise en outre qu’une procédure distincte ouverte à Poitiers pour des faits datant de l’été 2014, dans un centre de loisirs, a été transmise à Lille. Ces faits sont eux aussi qualifiés de viol et d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans. Dans le même temps, les magistrats ont découvert lors de l’examen de supports numériques saisis à son domicile des images de sévices sexuels sur un animal domestique ou captif, ce qui a motivé sa remise en garde à vue le 11 mai 2026.
Lors de sa réaudition, l’homme a largement exercé son droit au silence tout en niant les faits reprochés, selon le communiqué du parquet. Le 12 mai 2026, le procureur de Lille a demandé l’ouverture d’une information judiciaire pour viols commis sur mineurs de moins de 15 ans, agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et possession d’images de sévices sexuels sur un animal domestique, domestiqué ou captif. Mis en examen sur ces chefs, il a été placé en détention provisoire.
La conséquence judiciaire est lourde: en tant que récidiviste pour l’ensemble des infractions commises après sa sortie de prison, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Pour les familles de Lille et des environs, la priorité immédiate n’est plus seulement de comprendre l’ampleur des signalements, mais de savoir si d’autres enfants n’ont pas encore été identifiés dans cette chaîne de gardes qui s’est poursuivie pendant près de trois ans.
