Arte diffuse La Haine lundi soir, 31 ans après la sortie en salles du film de Mathieu Kassovitz en 1995. Tourné en noir et blanc et interdit aux moins de 12 ans, le long-métrage revient à l’écran avec intacte sa réputation de film coup de poing.
Le récit suit Abdel Ichah, seize ans, entre la vie et la mort après avoir été battu par un inspecteur de police pendant un interrogatoire. Autour de lui, une émeute oppose de jeunes habitants d’une cité à la police, et le film se concentre sur trois jeunes dont l’existence bascule dans cette violence.
Le poids du film ne tient pas seulement à son sujet. À sa sortie, La Haine a attiré plus de 2 millions de spectateurs, a remporté le prix de la mise en scène à Cannes et trois César, dont celui du meilleur film. Vincent Cassel y a été révélé au grand public, et le film continue de circuler comme une référence du cinéma français.
Ce retour sur Arte intervient alors que La Haine est toujours présenté comme un classique culte, précisément parce qu’il parle de violences policières d’une manière qui n’a pas perdu sa force. Sur AlloCiné, les utilisateurs lui attribuent encore une note moyenne de 4,1 sur 5, signe qu’il continue de trouver son public bien après sa première projection.
La preuve la plus nette de sa survie culturelle tient sans doute à ce qu’en a dit Cillian Murphy, qui l’a qualifié de « chef d'oeuvre » dans un entretien à Konbini. Trois décennies plus tard, La Haine n’est pas seulement rediffusé: il reste un film que l’on regarde encore pour comprendre ce que la colère, la peur et la police font à une génération.

