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Investissement factoriel : les nouveaux FNB qui bousculent le Canada

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L’investissement factoriel débarque au Canada avec une nouvelle série de fonds négociés en Bourse qui cherche à aller au-delà du simple choix d’actions vedettes. En mars, et ont lancé huit FNB sur le marché canadien, dont un produit tout-en-un présenté comme une première au pays: un portefeuille complet construit avec un biais factoriel.

Le principe repose sur trois facteurs de risque principaux: la taille, la valeur et la rentabilité. Dans la pratique, ces nouveaux FNB surpondèrent les entreprises de petites et de moyennes capitalisations, privilégient celles dont le prix en Bourse est bas par rapport aux fondamentaux et ciblent une rentabilité fondée sur les flux de trésorerie.

Cette approche séduit parce qu’elle promet une méthode plus structurée que la simple chasse aux gagnants du moment. Elle repose aussi sur une idée simple: les probabilités d’identifier à l’avance les titres qui domineront à long terme sont faibles. C’est précisément ce que rappelait , qui comparait la démarche au vin: « C’est un peu comme avec le vin: on peut regarder le prix de la bouteille pour se faire une idée, mais on sait qu’il y a d’autres caractéristiques qui vont influencer la qualité et la désirabilité du vin. »

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Le débat n’a rien de théorique. Depuis 25 ans, publie chaque année le rapport SPIVA, et ses résultats reviennent régulièrement sur le même constat: plus de 9 gestionnaires sur 10 font moins bien que leur indice de référence à long terme après déduction des frais de gestion. C’est le contexte dans lequel les promoteurs de l’investissement factoriel tentent de placer leur offre, en misant sur des règles de construction plus transparentes que les paris discrétionnaires.

L’idée s’inscrit aussi dans une histoire plus large de la finance moderne, popularisée par des chercheurs comme et . est souvent cité comme un précurseur de cette logique, même si sa carrière a suivi sa propre voie. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’échelle: ce ne sont plus seulement des stratégies réservées à des spécialistes, mais des FNB emballés pour le grand public canadien.

Reste la question qui compte pour les épargnants: l’emballage factoriel peut-il tenir ses promesses quand les marchés se tendent et que les frais, même contenus, commencent à peser? Les partisans de cette approche soutiennent qu’elle vise moins à deviner le prochain gagnant qu’à augmenter les chances de capter, sur la durée, les sources de rendement que le marché récompense le plus souvent.

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