L’administration fiscale a publié le 14 avril les chiffres de l’IFI 2025, et le portrait qui en ressort est celui d’un impôt qui vise peu de foyers mais pèse lourd sur ceux qui le paient. Le montant moyen réglé atteint près de 12 000 €, pour un patrimoine moyen de 2,3 millions d’euros.
Le premier enseignement tient aussi à la structure de ce patrimoine. La résidence principale n’en représente qu’une faible part, ce qui confirme que l’impôt sur la fortune immobilière reste concentré sur des avoirs immobiliers élevés, au-delà du simple logement occupé par les ménages.
Les chiffres publiés montrent également que les foyers concernés ont un niveau de revenus sans commune mesure avec celui des autres contribuables. En moyenne, ils déclarent 322 100 € de revenus annuels pour 2024, contre 35 800 € pour les foyers non imposés à l’IFI. Parmi les ménages soumis à cet impôt, 98 % déclarent leurs revenus de 2024 en France.
La charge fiscale globale raconte la même histoire. L’impôt sur le revenu et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus acquittés par ces foyers s’élèvent en moyenne à 60 200 €, avec un taux moyen d’imposition de 18,7 %. Ces montants replacent l’IFI dans un ensemble plus large de prélèvements, et non comme un impôt isolé.
L’âge moyen renforce encore ce contraste. Le premier déclarant à l’IFI a 70 ans en moyenne, quand l’âge moyen des foyers non imposés à l’IFI est de 52,5 ans. Le profil décrit par l’administration est donc celui de ménages plus âgés, plus aisés et dotés d’un patrimoine immobilier nettement supérieur à la moyenne.
Ce bilan intervient alors que l’IFI ne représente que 0,5 % des recettes fiscales de l’État. Présenté comme un impôt frappant les plus fortunés, il reste avant tout un prélèvement sur les patrimoines immobiliers élevés, avec une base étroite mais un rendement ciblé.
La dernière échéance de paiement pour 2025 est fixée au 17 novembre. D’ici là, les contribuables concernés disposent de plusieurs mois avant le règlement final, mais les données publiées en avril donnent déjà le ton de ce que pèse réellement l’IFI pour les ménages qui y sont assujettis.
