Cannes a retrouvé jeudi son rythme de Croisette, avec des visages connus sur les marches et dans les files des projections. Diane Kruger est venue découvrir Fatherland de Pawel Pawlikowski, Iris Mittenaere a monté les marches jeudi soir après Flora Coquerel et Diane Leyre, et Ebony était sur le tapis rouge pour assister à la projection du film de Pawlikowski avec Sandra Hüller.
Le retour de Kruger avait une valeur particulière au Palais. L’actrice allemande, récompensée en 2017 par le prix d’interprétation à Cannes pour In The Fade, reste l’un des noms les plus associés au festival. Cette fois, elle s’est glissée dans la programmation pour découvrir un nouveau film de Pawlikowski, alors que la soirée attirait aussi un autre visage de la télé-réalité et des reines de beauté avec Mittenaere, Coquerel et Leyre sur les marches.
Jeudi n’a pas seulement été une journée de tapis rouge. Le lendemain de la projection de La Vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, Léa Drucker et Mélanie Thierry ont pris part au traditionnel photocall, pendant que Vassili Schneider revenait à Cannes pour présenter L'Âge d'or de Béranger Thouin. Dans un autre registre, Seth Roger est lui aussi arrivé sur la Croisette pour Tangles: A Story About Alzheimer's, My Mother and Me, un documentaire d’animation dont il prête la voix.
La journée a aussi été marquée par un moment plus politique autour de L'Abandon. Jeudi matin, Mickaëlle, la sœur de Samuel Paty, a posé avec Antoine Reinartz, qui incarne son frère dans le film. Dans la foulée, Stéphane Simon a déclaré sur LCI vouloir que L'Abandon soit « projeté dans les écoles », en disant viser surtout les élèves de 4ᵉ et de 3ᵉ, « ce moment-là de la scolarité où se fabrique l'esprit critique ». Pour lui, il faut que l’Éducation nationale puisse montrer le film au plus grand nombre et que des professeurs aillent le voir.
En marge des montées des marches, un autre débat continue de coller à Cannes: celui des jets privés. L’an dernier, selon des estimations de Transport and Environment, 750 jets privés ont acheminé des stars et des cadres de studios vers le festival, pour environ 200.000 tonnes de kérosène et 14.000 passagers. Anthony Viaux a résumé la critique avec une formule cinglante: « Le fait que les personnalités riches et célèbres brûlent du carburant devenu rare pour se rendre à un festival de cinéma n'est pas seulement une preuve d'aveuglement, c'est obscène ». Le contraste est brutal sur la Croisette, entre la célébration du cinéma et l’empreinte carbone de ceux qui viennent le célébrer.
À Cannes, la journée a donc avancé sur deux rails: le glamour habituel, et la question de ce qu’il coûte réellement de le faire venir jusqu’ici. C’est aussi ce mélange qui maintient le festival au centre de l’attention, bien au-delà des projecteurs.

