Lecture: Monique Jérôme Forget et Nicolas Marceau proposent 15,75 G$ pour les infrastructures

Monique Jérôme Forget et Nicolas Marceau proposent 15,75 G$ pour les infrastructures

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et veulent que les villes québécoises augmentent leurs taxes pour financer l’entretien de leurs rues et de leurs réseaux de distribution d’eau. L’ancienne présidente du et l’ex-ministre des Finances proposent la création d’un fonds provincial de 15,75 milliards de dollars sur 10 ans, réservé au maintien des infrastructures municipales.

Le message est brutal. « Le mur, il est là, juste devant nous », a dit Mme Jérôme-Forget lundi, lors d’un passage à La Presse avec M. Marceau pour discuter du rapport qu’ils ont préparé à la demande de l’. Elle a ajouté: « Partout, il y a des trous, puis tout tombe en ruine », avant de résumer l’état du réseau par une autre formule: « Les infrastructures, quant à moi, c’est un drame ». M. Marceau, lui, a tranché plus simplement: « les villes se détériorent ».

Le fonds proposé serait consacré uniquement à l’entretien des routes et des réseaux d’eau, pas à la construction de nouvelles installations récréatives. Les villes devraient, pour y avoir accès, hausser leurs taxes municipales plus vite que l’inflation et recueillir elles-mêmes un montant équivalent, soit 15,75 milliards de dollars en taxes foncières. L’argent dégagé ne pourrait servir qu’aux réparations ou au remplacement d’infrastructures existantes.

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Cette proposition arrive après des années de sous-investissement. Le gouvernement du Québec a réduit son financement pour l’entretien des infrastructures municipales, tandis que les revenus des municipalités ont reculé en proportion du PIB. Mme Jérôme-Forget dit que, lorsqu’elle était au Trésor, la question municipale n’était pas « à l’agenda »; M. Marceau affirme que, lorsqu’il était en fonction, elle n’était pas « la première priorité ». Entre-temps, Québec a multiplié les programmes en « spaghetti » sans consulter beaucoup les municipalités, et celles-ci ont souvent promis des gels de taxes foncières ou des plafonds liés à l’inflation, ce qui revient en pratique à une réduction d’impôt accordée année après année.

Le cœur du désaccord n’est plus de savoir si le réseau vieillit, mais qui paiera la facture avant que le coût du retard ne grimpe encore. Mme Jérôme-Forget l’a dit clairement: « à partir d’un certain seuil, tu ne peux plus réparer, tu dois tout remplacer, et ça coûte beaucoup plus cher ». Leur plan vise justement à corriger en même temps le retrait du gouvernement et la faiblesse des revenus municipaux. Reste maintenant à voir si Québec et les villes accepteront cette discipline financière, ou si le mur qu’ils disent voir devant eux continuera de se rapprocher.

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