La tension entre les meilleurs joueurs et joueuses du circuit et les tournois du Grand Chelem a pris une nouvelle forme à Roland-Garros, où une grande majorité des engagés envisage de ne consacrer que quinze minutes aux médias lors du Media Day, ce vendredi. Ce geste collectif intervient alors que les discussions sur une meilleure répartition du prize-money se durcissent depuis avril 2025.
Le mouvement réunit plusieurs figures du Top 20 mondial, parmi lesquelles Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Coco Gauff et Aryna Sabalenka. Leur revendication est claire: faire passer à 22% la part des revenus distribuée aux joueurs à Roland-Garros, contre 15% aujourd’hui. En début de mois, Sabalenka avait résumé l’état d’esprit du groupe en déclarant: « C’est nous qui faisons le show. Si on n’était pas là, il n’y aurait ni tournois ni divertissement ». Certains joueurs et joueuses ont même évoqué un boycott pur et simple, signe que la rupture dépasse le simple bras de fer habituel sur les primes.
La Fédération française de tennis a dit à L’Équipe qu’elle regrettait cette décision, estimant qu’elle pénalise l’ensemble des parties prenantes du tournoi. Elle a aussi rappelé avoir proposé une réunion avec les joueurs concernés et leurs représentants, prévue ce vendredi 22 mai, et s’est dite prête à un dialogue direct et constructif sur les enjeux. La date importe, car elle place face à face, au cœur même du tournoi, deux camps qui savent que la bataille ne concerne pas seulement les vedettes du tableau principal, mais aussi la façon dont la manne du Grand Chelem est partagée jusqu’aux joueurs les moins bien classés. Pour Roland-Garros, le sujet n’est plus seulement financier: il touche à la place des joueurs dans l’économie du tennis et à leur capacité à peser ensemble.
La question qui reste ouverte est celle de savoir si cette séquence de pression médiatique suffira à ouvrir une vraie négociation, ou si elle ne fera qu’installer plus durablement le conflit entre les joueurs et les organisateurs des Grands Chelems.

