Lecture: Hypersonique : l’US Air Force rouvre la porte à l’AGM-183A ARRW

Hypersonique : l’US Air Force rouvre la porte à l’AGM-183A ARRW

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L’ pourrait ressusciter son missile hypersonique AGM-183A ARRW dans sa demande de budget pour l’année fiscale 2027, malgré l’annulation du programme en 2023. La nouvelle version envisagée, baptisée Increment 2, ajouterait un autodirecteur terminal et une liaison de données, ce qui lui permettrait de viser des cibles mobiles en vol.

Le changement serait majeur. Jusqu’ici, l’ARRW de était surtout présenté comme une arme de frappe terrestre à très longue portée, pensée pour neutraliser des cibles fixes fortement défendues dans des environnements A2/AD. Avec la capacité de mise à jour des coordonnées et un guidage terminal, le missile entrerait dans une autre catégorie: celle d’une arme hypersonique antinavire à très longue distance.

C’est précisément ce qui donne du poids à cette évolution. Dans un théâtre de l’Indopacifique, une telle capacité pourrait viser des groupes aéronavals chinois ou des bâtiments majeurs de la marine de l’Armée populaire de libération. Dans un conflit autour de Taïwan ou en mer de Chine méridionale, l’intérêt opérationnel serait clair: une arme capable de saturer les défenses et de pénétrer un espace contesté où la vitesse ne suffit plus, mais où la possibilité de corriger la trajectoire en cours de vol change tout.

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La relance éventuelle de l’AGM-183A s’inscrit aussi dans la modernisation plus large des B-52H, que l’US Air Force poursuit avec de nouveaux moteurs et un radar dérivé de celui du chasseur de la . C’est dans ce cadre que la force aérienne cherche à greffer une nouvelle capacité de frappe à longue portée sur un bombardier lourd encore appelé à durer.

Le dossier n’est pas sorti de nulle part. Après l’abandon du programme ARRW, des essais se seraient poursuivis dans le cadre de recherches menées conjointement avec la . L’idée était de ne pas perdre totalement le travail déjà engagé sur une arme hypersonique de type boost-glide, un missile de plus de 3 tonnes composé de deux étages: un propulseur-fusée conventionnel qui l’accélère probablement au-delà de Mach 7, puis un planeur hypersonique qui se détache au sommet de la trajectoire et poursuit sa course dans les hautes couches de l’atmosphère.

Si l’US Air Force confirme cette orientation dans le budget 2027, le message sera simple: l’ARRW n’a peut-être jamais vraiment disparu. Il pourrait revenir sous une forme plus dangereuse, plus souple et surtout plus utile contre des cibles qui bougent.

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