Morgan Freeman dit qu’il a été pris de court quand Virginia Madsen a embrassé ses lèvres au lieu de sa joue sur le tournage de The Magic of Belle Isle. Dans ce dramedy de 2012 réalisé par Rob Reiner, l’acteur de 90 ans jouait un auteur alcoolique en fauteuil roulant, et la scène devait rester simple: un baiser sur la joue, pas davantage.
Freeman a décrit l’instant comme « un assault non scénarisé », ajoutant que la réaction sur son visage était, selon Reiner, « priceless ». Il a dit qu’il était « stunned », vraiment surpris, et que l’échange avait changé « tout le ton du film ».
La scène réunissait Freeman et Madsen dans une histoire de vacances d’été autour d’une cabane pittoresque, où elle incarnait une mère célibataire qui entre dans la vie de son personnage. Le script demandait à Madsen de l’embrasser sur la joue, mais elle a choisi autre chose. « She’s supposed to get up and come and give me a kiss on the cheek », a raconté Freeman. « Instead, she gets up and plants one right on my lips, a good one, you know? »
Le moment a surpris d’autant plus qu’il n’avait pas été répété. Freeman a insisté sur ce point: « We were doing fine in the scene, and then the whole movie was just going along. » Puis, après le baiser, tout a basculé. « It was an unscripted assault », a-t-il dit. « And it changed the entire tenor of the movie. I did the best I could. It wasn’t like we rehearsed it, you know? She decided, ‘I’m doing this’, and got up and followed her muse, whatever it was at the time. »
Il a aussi souligné l’écart d’âge de 25 ans entre eux et a résumé l’étonnement du moment d’une phrase plus légère: « Virginia’s a very attractive lady. » L’épisode a pris une place à part parce qu’il tranche avec l’image très cadrée qu’on associe souvent aux scènes romantiques à l’écran: ici, le geste n’a pas suivi le plan, et c’est précisément ce qui l’a rendu mémorable.
Le contexte aide à comprendre pourquoi Freeman y revient encore. Il a déjà dit regretter de n’avoir jamais été choisi comme premier rôle romantique, alors qu’il a incarné des héros, des méchants, des politiciens, des présidents, des proxénètes, des prisonniers, Dieu et bien d’autres figures. Il est pourtant apparu dans Feast of Love et 5 Flights Up, deux films qui ne l’ont pas placé dans la configuration classique d’une comédie romantique centrée sur un homme célibataire. Ce souvenir de The Magic of Belle Isle reste donc plus qu’une anecdote de plateau: il dit quelque chose de la façon dont Freeman a été distribué, et de la rareté des rôles amoureux qu’il a reçus au fil d’une longue carrière.
La question n’est plus de savoir si la scène a déraillé. Freeman l’a dit lui-même: oui, et ce déraillement a changé le film.
